Réclamée hier par l’ensemble des groupes politiques, l’audition publique de l’Espagnol Pedro Agramunt, président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), s’est tenue mardi 25 avril à 13 heures dans l’hémicycle.
Accompagné de deux autres parlementaires, le Belge Alain Destexhe et l’Espagnol Jordi Xuclà, Pedro Agramunt a dû s’expliquer sur les circonstances d’une visite en Syrie marquée par une rencontre avec le président syrien, Bachar el-Assad, à laquelle tous trois ont participé les 20 et 21 mars dernier (EUROPE 11773).
Particulièrement mis en cause du fait de sa fonction de président de l’Assemblée, Pedro Agramunt a répété ce qu’il avait dit hier devant l’hémicycle en ouverture de séance : il est allé en Syrie en tant que sénateur espagnol, mais sa présence a été manipulée par les médias russes pour instrumentaliser l’APCE. Il en est donc réduit à « présenter ses excuses » pour sa naïveté.
Reste que, selon lui, l’ampleur prise par l’affaire au sein de l’APCE tient d’un « show » qui fait « plus de mal que de bien à l’assemblée ». Il est persuadé qu’une partie des parlementaires hostiles à sa politique du dialogue – notamment avec la Russie dont la délégation boycotte l’assemblée suite à des sanctions prises après l’annexion de la Crimée – veut sa perte. « Je tiens à préciser que je suis sûr que mes réponses ne serviront pas à grand-chose, puisque certains d’entre vous ont déjà adopté leur position », a-t-il d’ailleurs déclaré en préambule à son audition.
Pedro Agramunt a déclaré qu’il ferait une annonce au Comité des présidents qui se réunit jeudi soir et au Bureau de l’APCE prévu vendredi matin. Certains envisagent une démission.
La visite du roi d’Espagne, prévue ce jeudi, est maintenue. On sait combien il était essentiel pour Pedro Agramunt de siéger lors de la séance solennelle, mais, ce mardi, il n’a en tout cas pas repris au perchoir une place qu’il avait dû quitter lundi matin dans un climat de grande hostilité. (Véronique Leblanc)