L’adaptation au changement climatique qui est déjà à l’œuvre en Europe, même si son impact frappe le plus durement les pays en développement et les petits États insulaires les plus vulnérables, a fait l’objet d’un échange de vues fructueux des ministres européens de l’Environnement et/ou du Climat, mardi 25 avril à Malte, dans un contexte post-Accord de Paris (EUROPE 11770).
La réunion informelle du Conseil Environnement, dédiée le premier jour à ce volet essentiel de l’Accord de Paris et aux interactions entre les politiques climatiques et environnementales, a permis de souligner l’importance de s’atteler plus résolument à mettre en œuvre, à tous les niveaux de gouvernance, une politique d’adaptation cohérente et transversale dans des secteurs clés comme l’urbanisme, l’eau, les infrastructures, par exemple, pour favoriser la résilience des populations aux inondations, aux sécheresses, à la hausse des températures, en particulier en zone urbaine et dans les zones côtières.
Tous les ministres ont reconnu qu’il est de l’intérêt de tous de construire des sociétés résilientes et ont remercié le Président en exercice du Conseil, le ministre maltais de l’Environnement, du Climat et du Développement durable, José Herrera, d’avoir inscrit ce sujet à l’ordre du jour. La Présidence estonienne prendra le relais. « À Paris, l’accent a été mis sur l’atténuation. Il est temps maintenant de se concentrer sur l’adaptation. L’Estonie, en tant que future Présidence, fera tout pour progresser autant que possible sur ce dossier », a assuré le ministre estonien de l’Environnement, Marko Pomerants.
Une nécessaire action commune. De nombreux ministres qui travaillent actuellement à l’actualisation de leur stratégie nationale d’adaptation ont reconnu la nécessité d’aller de l’avant, au niveau international, européen et national, en insistant sur l’importance d’une action commune. Certains ministres ont plaidé pour agir davantage au niveau régional et local, surtout, tandis que d’autres privilégient l’échelle internationale.
Pour sa nouvelle stratégie d’adaptation qui sera lancée avant la prochaine COP, le Luxembourg a identifié 13 secteurs clés, a indiqué la ministre luxembourgeoise de l’Environnement, Carole Dieschbourg, en mentionnant notamment l’eau et l’agriculture. Elle a également plaidé, comme sa collègue belge, la ministre Schauvliege, pour l’augmentation des flux financiers pour l’adaptation au niveau international. « Nous devons montrer que nous prenons au sérieux nos engagements pris à Paris », a déclaré Mme Dieschbourg à EUROPE, en marge de la réunion. L'Accord de Paris est en effet axé sur quatre volets : l'atténuation, l'adaptation, les flux financiers et des sociétés résilientes.
Favoriser l'échange de bonnes pratiques. Un consensus s’est également dégagé sur l’utilité d’échanger les bonnes pratiques et les résultats de la recherche sur les océans, de calculer la viabilité des mesures, mais aussi de ne pas oublier le coût de l’inaction, ce qui nécessite de calculer aussi les bénéfices de l’adaptation, notamment en termes de retombées positives pour le tourisme et la biodiversité - des thématiques étroitement liées, dans la perspective du développement durable. Ce calcul permettra d'élaborer et de pratiquer une communication positive auprès du public sur les enjeux de l'adaptation. (Aminata Niang)