Après avoir obtenu un délai supplémentaire de deux ans - de 2015 à 2017 - pour consolider les finances publiques françaises, le gouvernement socialiste entend laisser une maison en ordre à l'issue du quinquennat du président français François Hollande : le déficit public sera ramené de 3,4% du PIB en 2016 à 2,8% en 2017.
« En 2017, la dynamique de redressement des finances publiques sera poursuivie et le déficit repassera sous 3% du PIB, permettant à la France de sortir de la procédure pour déficit excessif dans laquelle elle se trouve depuis 2009 », indique le programme de stabilité français pour la période 2017-2020 dévoilé par le ministre français des Finances, Michel Sapin, et le secrétaire d'État au Budget, Christian Eckert, mercredi 12 avril à l'Assemblée nationale.
Pour respecter cet objectif, l'effort de redressement des comptes publics sera renforcé par des mesures complémentaires à hauteur de 3,4 milliards d'euros. Sont notamment prévus : 1,7 milliard d'euros de réduction des dépenses de l'État, 900 millions d'euros de baisses des dépenses locales et 500 millions d'euros de revenus supplémentaires générés par l'abaissement des coûts liés au service de la dette publique. Celle-ci devrait d'ailleurs stagner en se situant en 2017 au même niveau que l'année précédente, à savoir 96,0% du PIB.
M. Eckert a souligné la « véritable rupture », ces cinq dernières années, entre le rythme moyen d’évolution de la dépense publique – hors crédit d’impôt – qui a crû de +1,2% par an comparé au rythme supérieur à +3,2 % lors du quinquennat précédent. Et d'ajouter : « Cette maîtrise de la dépense ne nous a pourtant pas empêchés de financer nos priorités nationales : la sécurité de nos concitoyens l’emploi et l’éducation ».
À Paris, le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a fait état d'un déficit public français équivalent à 2,9% du PIB. Il n'a vu, sur les antennes de LCP, « aucune gloire, aucune fierté » dans le fait que la France soit le seul pays de la zone euro à faire l'objet d'une procédure pour déficit excessif en 2018.
Après une année 2016 marquée par plusieurs événements exceptionnels tels que des attaques terroristes, l'activité devrait s'accélérer cette année, le gouvernement français tablant sur une croissance du PIB national de +1,5% en 2017 et en 2018. (Mathieu Bion)