login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11767
Sommaire Publication complète Par article 11 / 23
POLITIQUES SECTORIELLES / SuretÉ alimentaire

Greenpeace reproche à l’EFSA d'ignorer l'effet cocktail des résidus de pesticides dans les aliments

Le rapport 2017 de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) sur les contrôles officiels nationaux des résidus de pesticides dans les aliments, publié mardi 11 avril, est à première vue rassurant, mais l’EFSA a de nouveau ignoré l’effet cocktail toxique de ces résidus chimiques, a déploré Greenpeace le jour même.

Ce rapport technique montre que 97,2% des 84 341 échantillons testés en 2015 étaient exempts de résidus quantifiables ou contenaient des taux de résidus conformes aux limites maximales autorisées (LMR) par la législation de l’UE (règlement (UE) n° 396/2005). Mais près de 220 pesticides en moyenne ont été trouvés par échantillon et des résidus de pesticides multiples ont été identifiés dans toutes les catégories d'aliments testés et dans 28% des échantillons. 

Le rapport compile les données fournies par les États membres de l’UE, plus l’Islande et la Norvège, dans le cadre du programme de surveillance européen des résidus de pesticides présents dans les principaux aliments destinés à la consommation humaine et animale et analyse les risques liés à l’exposition des consommateurs à ces résidus. Ont notamment été testés 1063 échantillons de fruits frais, légumes et produits végétaux, 64 échantillons de produits comme les céréales, 897 échantillons de produits transformés, 710 échantillons de produits animaux et 87 échantillons d’autres produits. Sur ce total, 91 échantillons d’aliments pour bébés ont été analysés.

Dans les produits non transformés, c’est dans le houblon, dans certains fruits (les groseilles à maquereau, groseilles, citrons verts, raisins de table, pamplemousses, fraises, mandarines, mûres, notamment)  et dans la laitue que des résidus multiples ont été identifiés. S’agissant des produits transformés, l’occurrence la plus fréquente de ces résidus a été relevée dans les champignons, le paprika en poudre,  les feuilles de vigne, les raisins pour la production de vin, les abricots et les pommes de terre (chips). C'est précisément ce qui préoccupe Greenpeace.  

« Le fait que tant d'échantillons contiennent plus d'un pesticide est source de préoccupation et une indication que la réglementation en vigueur - basée sur le contrôle de pesticides pris isolément - ne protège pas correctement les gens. Nous sommes exposés à un cocktail de pesticides plutôt qu'à des substances individuelles et la compréhension de la toxicité de ces mélanges demeure faible », déplore Paul Johnston, chef de l'Unité scientifique de Greenpeace, dans un communiqué. 

PAN Europe (Pesticide Action Network), ONG qui milite pour des pesticides durables, avait formulé exactement le même grief lors de la publication, en octobre 2016,  du rapport annuel de l'EFSA sur les échantillons alimentaires testés en 2014 dans le cadre de la surveillance européenne (EUROPE 11656).

Le rapport  est accessible en ligne : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.2903/sp.efsa.2017.EN-1211/pdf;jsessionid=F092CD816BBB426C192871014FCA82A4.f03t03 .  (Aminata Niang)

Sommaire

INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES
JEUNESSE
BRÈVES