Le Haut Représentant de l’UE pour les droits de l’homme, Stavros Lambrinidis, a rappelé, mercredi 12 avril, que si la lutte contre le terrorisme était essentielle, elle ne devait pas provoquer des violations des droits de l’homme.
« Il faut lutter contre le terrorisme, c’est essentiel (…), mais cela ne peut pas signifier étouffer les défenseurs des droits de l’homme ou les droits de l’homme, cela n’aide pas à la sécurité », a expliqué M. Lambrinidis devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, prenant l’exemple de l’Égypte.
Il a rappelé que, selon la stratégie globale de l’UE, « il faut se pencher sur les menaces de terrorisme utilisées par certains gouvernements pour justifier des violations extrêmement graves ». Il a expliqué que la question de la sécurité était utilisée pour justifier la violation de certains droits de l’homme, tels que l’emprisonnement de militants des droits de l’homme, qui sont critiques, mais pas dangereux.
Comme c’est le cas pour le développement, il faudrait associer le terme durable à la sécurité, a estimé le Haut Représentant. « Il y a des personnes en prison pour leurs croyances, leur désaccord politique, leur militantisme pacifique. Ces voix semblent ne plus avoir de place dans le contexte de la lutte contre le terrorisme, on vient mettre en prison des personnes pacifiques et, du coup, on radicalise la population, on la met en colère et on risque de renforcer les risques en matière de sécurité », a averti M. Lambrinidis. Selon lui, en faisant la promotion des droits de l’homme, l’UE promeut la stabilité.
Plus généralement, M. Lambrinidis a jugé que 2016 et début 2017 avaient été des moments « très difficiles pour les droits de l’homme ». Selon lui, les pays qui ont violé les droits de l’homme se sont organisés davantage, ils essaient d’être plus offensifs que défensifs, « d’exporter des pratiques délétères ». « Ces pays utilisent des arguments tels que ‘personne n’est parfait’ concernant les droits de l’homme, non pas pour relever leurs exigences, mais pour violer les droits de l’homme et dire que ces droits sont futiles », a-t-il ajouté.
Le Haut Représentant a expliqué que l’UE devait construire des alliances « intelligentes » avec des pays qui ne sont pas forcément d'importance stratégique pour l'UE, afin d’identifier de bonnes pratiques en matière des droits de l’homme et pour essayer de les aider. « Les travaux de l’UE doivent se poursuivre, il faut identifier et critiquer les violations des droits de l’homme et essayer de faire changer les pratiques », a-t-il ajouté. Le Haut Représentant a précisé aussi que l’objectif est de faire en sorte que les pays tiers s’approprient l’idée des droits de l’homme, qui est une valeur universelle, et non pas seulement européenne. (Camille-Cerise Gessant)