Le corps européen de solidarité ne doit pas empiéter sur le financement des programmes et des initiatives existants destinés aux jeunes. Tel est l'avis adopté le 6 avril par le Parlement européen.
La résolution non-législative accueille avec enthousiasme le nouveau corps européen de solidarité, qui propose à des jeunes entre 18 et 30 ans de participer à tout un éventail d'activités de solidarité à travers des actions de volontariat ou la concrétisation de projets professionnels encadrés par un contrat de travail (EUROPE 11684). Toutefois, le PE a souhaité aussi inviter la Commission européenne à prévoir certains garde-fous, afin que cette initiative n’empiète pas sur le budget d’autres programmes ou qu’elle ne mène pas à des abus.
En particulier, le Parlement se dit « vivement préoccupé » par l'intention de la Commission de mettre en œuvre le corps européen de solidarité, dans un premier temps, en l'intégrant à des programmes et initiatives existants, et notamment à des programmes ayant trait à l'éducation et à la culture tels qu'Erasmus+, l'Europe pour les citoyens, la garantie pour la jeunesse ou le programme pour l'emploi et l'innovation sociale.
« Le corps européen de solidarité a besoin d'argent frais (...) et il ne devrait pas être financé au détriment des programmes existants », a déclaré Petra Kammerevert (S&D, allemande), présidente de la commission de la culture et de l'éducation du PE, lors d'un débat avec Tibor Navracsics, commissaire à l'Éducation, la Culture, la Jeunesse et le Sport, lundi à Strasbourg. Les députés ont toutefois rejeté un amendement déposé par le groupe GUE-NGL réclamant une ligne budgétaire spécifique pour cette initiative.
Pour ce qui concerne les abus, le Parlement invite la Commission à bien distinguer volontariat, emploi et occasions de qualité pour les jeunes au titre du volet professionnel. Il invite la Commission à proposer des définitions précises, à arrêter des objectifs clairs et à prévoir un mécanisme de suivi et d’évaluation du corps européen de solidarité.
La Commission devrait déposer une proposition législative en mai pour donner suite à sa communication initiale sur le corps européen de solidarité de décembre 2016. (Sophie Petitjean)