Le vice-président de la Commission responsable de l'Union de l'énergie, Maroš Šefčovič, a estimé, mardi 7 mars, que la situation des réserves de gaz dans les installations de stockage souterraines en Ukraine était sous contrôle, mais que la Commission continuait à surveiller la situation, assurant aussi de sa disponibilité à participer à une nouvelle réunion avec la Russie et l'Ukraine.
« La Commission considère la situation sous contrôle, mais elle reste en contact et est prête à trouver une solution s'il y a des signes de détérioration », a déclaré M. Šefčovič après une entrevue avec le ministre russe de l'Énergie, Alexander Novak, en marge de la conférence CERAWeek à Houston.
« Par rapport à l'hiver 2015/2016, un facteur positif est que l'Ukraine dispose de ressources financières, y compris de la BERD, pour acheter du gaz, mais la Commission surveillera la situation afin qu'il n'y ait aucun problème avec le transit du gaz russe à travers l'Ukraine vers l'Europe », a-t-il assuré, selon des propos rapportés par le média russe Interfax.
M. Novak a indiqué que la Russie restait préoccupée par le faible niveau des réserves de gaz dans les installations de stockage de l'Ukraine, malgré la fin prochaine de la saison de chauffage.
Cet hiver, le gazier russe Gazprom a plusieurs fois accusé le gazier ukrainien Naftogaz de n'avoir pas pompé suffisamment de gaz dans ses installations de stockage pour répondre à la demande jusqu'à la fin de l'hiver, mettant en danger le transit vers l'Europe. Naftogaz a, de son côté, accusé Gazprom de violer leur contrat de transit en n'assurant pas la pression de gaz nécessaire (EUROPE 11735).
Dans ce contexte, la date d'une nouvelle réunion entre la Russie, l'Ukraine et la Commission « n'a pas été fixée, puisque la Russie et l'Ukraine n'ont pas encore exprimé le désir de tenir des entretiens », a ajouté M. Šefčovič, assurant que « la Commission était disposée à organiser une réunion à tout moment ».
Ayant échoué de peu à boucler un accord, la Russie, l'Ukraine et la Commission sont convenues, lors d'une réunion à trois le 9 décembre 2016, de poursuivre leurs pourparlers pour sécuriser les fournitures de gaz russe à l'Ukraine et le transit, à travers l'Ukraine, du gaz russe acheté par l'UE (EUROPE 11687).
Gazprom et Naftogaz sont en proie à un litige récurrent avec des revendications agrégées des deux parties dépassant 70 milliards de dollars et concernant les prix, les obligations de fourniture et les conditions de transit du contrat de 2009. (Emmanuel Hagry)