De potentiels conflits d’intérêts et un manque de transparence au sein de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ont été publiquement dénoncés par Greenpeace, mardi 7 mars, au nom d’un collectif d’ONG préoccupées par ce risque pour l'impartialité de l'avis que prépare l'ECHA sur la toxicité du glyphosate. FoE, CEO, HEAL, PAN Europe, Global 2000, Générations futures, TestBiotech, Avaaz figurent parmi ces ONG.
Le comité d’évaluation des risques de l’ECHA doit discuter, le 8 ou le 15 mars prochain, des risques sanitaires et environnementaux du glyphosate, l'herbicide total le plus utilisé en Europe, reconnu comme probablement cancérigène pour l’homme par l’Agence internationale de recherche sur le cancer (l’IARC) quand l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a jugé qu’il ne l’était probablement pas.
Dans une lettre ouverte adressée le 6 mars au directeur de l’ECHA, Geert Dancet, au nom de 20 ONG de protection de la santé et de l'environnement, Jorgo Riss, directeur du bureau européen de Greenpeace, affirme que « le président du comité, Tim Bowner, et deux membres, Slawomir Czerzak et Tiina Santonen, semblent avoir un conflit d'intérêts en violation des propres règles de l'ECHA » pour avoir travaillé pendant vingt ans comme consultants pour le secteur chimique. Il critique aussi la pratique de l’ECHA qui consiste à fonder ses évaluations sur des études réalisées par l’industrie et tenues secrètes.
L’an dernier, la Commission européenne avait décidé de prolonger la licence du glyphosate jusqu’à la fin de 2017 au plus tard, comptant que l’Agence européenne des produits chimiques ECHA se soit, dans l’intervalle, prononcée sur la toxicité de ce pesticide (EUROPE 11583).
« Quand nous aurons cet avis, nous pourrons l’évaluer, puis nous ferons, le cas échéant, une nouvelle prolongation », précisait récemment Enrico Brivio, porte-parole de la Commission.
Une initiative citoyenne européenne 'Stop glyphosate' a été lancée le 8 février dernier, dans l’espoir de recueillir 1 million de signatures d’ici au 25 janvier 2018 pour demander à l’UE d’interdire le glyphosate, de revoir la procédure d’autorisation des pesticides et de fixer des objectifs contraignants pour réduire l’utilisation des pesticides dans l’UE. À ce jour, près de 430 000 personnes l’ont signée (EUROPE 11722, 11721). (Aminata Niang)