Les députés du Parlement européen demandent à la Commission européenne d’élaborer une stratégie européenne de logistique du transport de marchandises, dans un rapport d’initiative porté par Inés Ayala Sender (S&D, espagnole), adopté, jeudi 19 janvier, avec une confortable majorité (520 voix pour, 68 contre, 79 abstentions).
Inquiets des obstacles croissants qui viennent freiner les flux de marchandises dans le marché intérieur, les députés insistent ainsi dans le rapport d’initiative sur « la nécessité de formuler une nouvelle stratégie européenne en matière de logistique du transport de marchandises ».
Les recommandations sont pléthoriques. Cette stratégie devrait ainsi et entre autres : - tenir compte de la nouvelle politique en matière d’infrastructure du RTE-T : - chercher à réduire les obstacles réglementaires, opérationnels et techniques ; - être conçue pour garantir une utilisation optimale des ressources ; - mettre en œuvre les nouvelles technologies pour renforcer les performances du secteur, notamment en matière d’émission ; - viser à augmenter la connectivité et le développement des infrastructures « là où elles manquent ».
Secteurs ferroviaires et drones. Parmi les points saillants, citons la demande des députés de promouvoir l’industrie ferroviaire et encourager une politique européenne de réindustrialisation du secteur ferroviaire – demande qui avait été déjà formulée l’année dernière (EUROPE 11529). Les députés invitent ainsi la Commission européenne à présenter une étude scientifique sur les conséquences d’un possible transfert du transport routier de marchandises vers les transports ferroviaires et fluviaux. Les drones sont également cités, comme « futur mode de transport ».
Cette demande fait suite au constat de l’inadéquation des politiques européennes en matière de logistique dans le secteur des transports avec la situation actuelle. « Le dernier plan d’action en la matière remonte à 2007 », nous explique une source parlementaire. Elle énumère une série de lacunes, dont l’augmentation des obstacles aux flux des marchandises, les problèmes de « capillarité » du réseau qui se concentre sur les grands corridors, ou encore le manque de coopération entre l’échelon national et l’échelon européen pour ce qui est du développement des infrastructures.
Le pacte de stabilité et de croissance en question. Le rapport a fait l’objet d’un relatif consensus au sein de la commission ‘transports et tourisme’ et, plus globalement, des groupes politiques. Seule pierre d’achoppement : l’article 13 du rapport d’initiative, selon lequel les projets réalisés dans le cadre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE) ne devraient pas être pris en compte dans le calcul de la dette publique. Selon notre source, une délégation de 76 députés, principalement d’origine allemande, se serait opposée à cette partie, qui a été finalement maintenue (413 pour, 228 contre, 30 abstentions). Le problème, nous explique-t-on, serait que certains États membres seraient bloqués dans leurs investissements dans le secteur à cause du pacte de stabilité. (Pascal Hansens)