L’eurodéputée verte Karima Delli (française) souhaite créer un prix pour les start-ups du secteur de la mobilité (‘EU mobility Start-ups Awards’), si elle est élue présidente de la commission ‘transports et tourisme’ du Parlement européen, selon les priorités qu’elle a énoncées dans sa lettre de candidature, consultée par EUROPE jeudi 19 janvier. Par ailleurs, Mme Delli souhaite faire en sorte que le groupe Europe des nations et des libertés (ENL) ne récupère plus de rapports à l’avenir.
« Je voudrais aider nos meilleurs talents, en créant un ‘Premier prix européen pour les start-ups de la mobilité’ (‘First EU Mobility Start-ups Awards’) qui, avec un peu de chance, deviendra aussi célèbre que les prix Lux ou Sakharov », déclare ainsi l’eurodéputée dans sa lettre de candidature. À ses yeux, un tel prix permettrait de mettre sous les feux de la rampe les innovations du futur dans le secteur.
Car l’eurodéputée nourrit un grand projet : celui d’opérer un glissement paradigmatique de la mobilité pour dépasser l’ère du 'tout automobile' (‘post-car society’). En ce sens, Mme Delli veut faire de la commission TRAN le fer-de-lance de cette transition et renforcer son travail avec diverses commissions, notamment : - avec les commissions ‘environnement' (ENVI) et ‘marché intérieur et protection des consommateurs’ (IMCO) pour créer un nouveau cadre pour les futures voitures électriques ; - avec la commission ‘industrie, recherche et énergie’ (ITRE) pour préparer la transition du secteur ; - enfin, avec la commission ‘emploi’ (EMPL) pour lutter efficacement contre le dumping social.
Mme Delli veut donc s’atteler à la transition vers la mobilité numérique (‘e-mobility’) avec l’avènement des voitures connectées et, à moyen terme, des voitures autonomes. L’eurodéputée souhaite ainsi que la commission TRAN établisse des lignes directrices pour éviter de « futurs abus par des entreprises comme Uber ».
Empêcher l’ENL de récupérer de nouveaux dossiers. Moins en lien direct avec le portefeuille de la commission TRAN, Mme Delli veut lutter contre le lobby industriel et renforcer la transparence dans le travail de la commission. Surtout, point intéressant, l’eurodéputée considère que trop de rapports « cruciaux » sont tombés dans l’escarcelle du groupe d'extrême droite ENL, et, partant, veut trouver un « modus operandi avec tous les autres groupes pour faire en sorte que l’ENL ne répande pas sa haine via notre commission ».
Mme Delli a été nommée sur le fil du rasoir par son groupe, mardi 17 janvier, avec 24 votes pour elle, 21 votes pour l’Allemand Michael Cramer, l’actuel président de la commission TRAN, et 4 abstentions (EUROPE 11706). Il s’agit d’un vote en faveur du « renouvellement, de la féminité et de la jeunesse » nous explique une source du groupe, pour qui cette décision fait écho au renouvellement opéré à la tête du groupe, avec l’arrivée de l’Allemande Ska Keller pour remplacer sa compatriote Rebecca Harms. (Pascal Hansens)