Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), rien ne permet à ce jour de prouver que le CWD (Chronic wasting disease ou dépérissement chronique), une encéphalopathie spongiforme transmissible (EST) des cervidés, qui est hautement contagieuse et mortelle pour les animaux, soit transmissible à l’homme. L’Union européenne doit toutefois prendre des mesures pour empêcher que cette EST, dont elle est exempte, se retrouve sur son territoire, après la détection de premiers cas en Europe, ont estimé les experts de l’EFSA dans un avis publié mercredi 18 janvier.
Le CWD est une maladie à prion dont on pensait qu’elle se limitait aux rennes et élans en Amérique du Nord et en Corée du Sud jusqu’à ce que les premiers cas européens aient été détectés, au printemps dernier en Norvège, chez un renne sauvage (avril 2016) et un élan sauvage (mai 2016).
Le groupe scientifique de l’EFSA sur les dangers biologiques (groupe BIOHAZ), qui a élaboré cet avis, note que des êtres humains sont susceptibles de manger de la viande infectée dans les zones de prévalence de la maladie, mais il conclut qu’il n’existe actuellement aucune preuve scientifique que les hommes peuvent contracter le CWD en consommant de la viande d’animaux malades.
Selon cet avis, il est fort probable que le CWD s'introduise dans l'UE par le transport ou le déplacement d'animaux vivants de la Norvège vers la Suède et la Finlande. Pour l'heure, l’EFSA préconise un système de surveillance de trois ans dans huit pays en vue d'y détecter une éventuelle présence de la maladie. Elle suggère aussi à la Commission et aux États membres des mesures de prévention et de contrôle visant à réduire le contact entre les animaux, à réduire la densité de population des cervidés et à accroître les campagnes de sensibilisation.
Il existe déjà un programme européen de surveillance des maladies à prion dans la faune sauvage, mais, compte tenu du nombre réduit d’animaux dépistés, c’est un programme de surveillance norvégien qui a permis de détecter les premiers cas de CWD. (Aminata Niang)