« La situation de milliers réfugiés et migrants entassés sans chauffage dans des camps par un froid glacial en Europe, et tout particulièrement en Grèce, est inacceptable et fait honte à l'Europe », ont souligné les députés européens mercredi 18 janvier dans la soirée à Strasbourg, pressant l'UE de remédier à cette situation dans les plus brefs délais pour sauver des vies. Tous ont plaidé pour une augmentation de l'aide d'urgence et pour le transfert des migrants vers des centres équipés pour l'hiver.
Les députés s'exprimaient lors d’un débat avec les représentants du Conseil et de la Commission européenne sur l’aide d'urgence pour les réfugiés et les migrants confrontés à de graves intempéries dans les camps en Europe.
Cela vaut pour ces populations vulnérables dans les îles grecques, mais aussi en Serbie et en ARYM (Ancienne République yougoslave de Macédoine). Pour remédier à cette situation, les députés ont appelé l’UE à accroître son aide humanitaire d'urgence et à transférer ces réfugiés et migrants dans des structures adéquates.
« L'hiver le plus rude touche les régions les plus méridionales. Nous avons besoin maintenant de mesures d’urgence pour aider tous les réfugiés sur le continent, dans tous les États membres, et ceux bloqués dans les Balkans », a déclaré Cecilia Vickström (ADLE, autrichienne) en appelant l'UE et les États membres à répondre au problème avec « passion et compassion ».
« Des enfants meurent de froid. Comment avons-nous pu en arriver là ? », s'est interrogée Ska Keller (Verts/ALE, allemande). Et d'ajouter : « On accepte que certains souffrent pour que d’autres soient dissuadés de venir en Europe. Ce n'est pas acceptable ».
Les députés du groupe S&D se sont particulièrement indignés du fait que des milliers de migrants soient renvoyés vers les îles de la mer Égée par la Turquie et de la souffrance des personnes âgées et des enfants. Révoltés par cette situation, les députés de la GUE ont rappelé qu'un hiver très froid était prévisible.
Le commissaire à l'Aide humanitaire et la Gestion des crises, Christos Stylianides, a estimé que « personne ne peut être fier de cette situation. Notre obligation morale est d'offrir de la dignité maintenant » à toutes ces personnes vulnérables. « Nous aidons les autorités, notamment en Grèce. Nous explorons toutes les possibilités », a-t-il assuré, indiquant notamment la possibilité de déployer un navire pour accueillir ceux qui ont besoin d'aide. « À moyen terme, nous discutons de la création de refuges équipés et de centres fermés, mais ils ne pourront fonctionner qu’avec le soutien des autorités locales et des populations locales dans les îles », a-t-il prévenu. Et d'ajouter : « nous sommes prêts à fournir des financements pour créer des infrastructures d’hébergement complémentaires ».
Après la visite que vient d’effectuer le commissaire Avramopoulos à Lesbos pour prendre la mesure de la situation humanitaire dans les îles, le commissaire Stylianides a annoncé qu'il se rendra samedi 21 janvier à Belgrade, en Serbie. « Je rencontrerai des réfugiés et les autorités pour exprimer notre solidarité. Il faudra élargir les capacités d’accueil en s’assurant que les centres soient équipés comme il faut ». Le commissaire aura des entretiens notamment avec le Premier ministre serbe et des fonctionnaires.
Plus de 43 millions d'euros ont été déboursés depuis octobre 2015 par la Commission à cette fin pour la Serbie. L'UE reste le plus grand bailleur de fonds avec 90 millions d'euros d’aide humanitaire versés pour améliorer les capacités d’accueil, a souligné le commissaire. (Aminata Niang)