La Commission européenne tente de remobiliser les jeunes Européens. Face à l’euroscepticisme ambiant, elle a proposé, mercredi 7 décembre, de mettre en place un « Corps européen de solidarité ». Sans moyens spécifiques, cette démarche se limite cependant à une grande campagne de communication.
L'initiative, intitulée « Investir dans la jeunesse de l'Europe », couvre quatre grands domaines clés : l'emploi, la mobilité, la solidarité et la participation ainsi que l'éducation et la formation.
Un corps européen de solidarité. À l’heure où le concept de solidarité peine à s’imposer au Conseil de l'UE dans la gestion de la crise migratoire, la Commission propose de créer un « Corps européen de solidarité » pour accompagner les jeunes qui désirent s’engager dans des activités … de solidarité ! « Ce corps répondra aux besoins de communautés vulnérables et de structures nationales et locales au moyen d'un large éventail d'actions, telles que la fourniture de produits alimentaires, l'entretien de forêts et de plages ou l'aide à l'intégration des réfugiés. », précise-t-elle dans un communiqué.
En fait, il ne s’agit pas d’un nouveau programme, puisqu’aucun financement spécifique ne lui sera alloué (il s’appuiera sur des programmes de financements de l’UE existants au moyen d’appels à propositions), mais plutôt d’une bannière qui permettra d’encadrer la participation des jeunes de 18 à 30 ans à des projets solidaires pouvant durer jusqu’à un an. En gros, chaque partie devra signer une charte énonçant les droits et les responsabilités de chacun.
Deux types de placement seront possibles : soit des projets de volontariat relatifs à des activités à plein temps et non rémunérées, soit des projets professionnels offrant la possibilité de trouver un emploi, un stage ou un apprentissage. Les projets professionnels – qui feront l’objet d’un contrat de travail - seront réservés aux citoyens de l’UE, de la Norvège ou de l’Islande (alors que le volontariat sera ouvert aux résidents de certains pays tiers). La Commission espère que 100 000 jeunes participeront à ce Corps européen de solidarité d'ici la fin de 2020 (Inscription via le portail européen de la jeunesse: http://www.europa.eu/solidarity-corps ).
ErasmusPro. L’autre mesure clé de ce paquet « Investir dans la jeunesse de l'Europe » porte sur sur la création d’un volet « ErasmusPro » dans l’actuel programme « Erasmus + ».
Cette nouvelle branche permettra de soutenir les stages de longue durée pour les apprentis à l'étranger. Le Commission devrait accompagner cette initiative d’un « cadre de qualité pour les apprentissages », à l’instar de ce qui existe déjà (avec des effets relatifs) pour les stages. Ce cadre devrait définir les principes clés pour la conception et la prestation des apprentissages à tous les niveaux. Par ailleurs, la Commission mettra en place en 2017 un service de soutien à l'apprentissage axé sur la demande pour aider les pays à introduire ou à réformer les systèmes d'apprentissage. (Sophie Petitjean)