Les eaux européennes sont sous pression, sous l’effet conjugué de multiples facteurs dont la pollution, l’augmentation de la demande en eau, ainsi que l’accélération et l’intensité des impacts liés à l’agriculture et aux changements climatiques qui compromettent la sécurité de l’approvisionnement et exacerbent les épisodes de sécheresse et de pénurie d’eau, ont reconnu les ministres de l’Environnement des Vingt-huit, lundi 17 octobre à Luxembourg.
Sur la base de ce constat et de la nécessité d’y faire face, la gestion durable de l’eau a fait l’objet de conclusions unanimes des ministres lors de cette réunion. C’est là une priorité de la Présidence slovaque du Conseil, qui a à cœur de voir élaborées des solutions européennes pour relever ces défis et, en particulier, celui des inondations.
Les ministres ont insisté sur l'importance d'intégrer la gestion durable de l’eau dans toutes les politiques sectorielles pertinentes (comme la politique industrielle, la planification de l’aménagement du territoire, la politique agricole, la pêche et la politique énergétique) et dans le cadre de la coopération transfrontalière, étant donné qu’un grand nombre de bassins hydrographiques sont partagés par plusieurs États membres.
« L’eau est une ressource rare et précieuse. Les conclusions sont un signal ferme de notre intention de relever ces défis », a déclaré le ministre slovaque Lazlo Solymos, à l’issue de la session qu’il a présidée. Lui-même et le commissaire à l’Environnement, Karmenu Vella, avaient inauguré, en juillet dernier à Bratislava, une conférence ministérielle sur la gestion durable de l’eau, introductive à une réunion informelle du Conseil Environnement (EUROPE 11593).
Le Conseil demande à la Commission d’impliquer les États membres dans la révision de la directive-cadre sur l’eau qu’elle prépare pour 2019.
Les conclusions prennent en considération les pressions liées à l’utilisation des terres et au changement climatique, ainsi que le nouveau contexte international dans lequel s’inscrivent l’Accord de Paris sur le climat et le Programme universel de développement durable à l’horizon 2030. Ces conclusions ont vocation à nourrir un débat plus large sur la future politique européenne de l’eau.
Le Conseil reconnaît que le changement climatique et les épisodes de pluviosité extrême ainsi que l’intensification de l’utilisation des sols peuvent causer des inondations et la modification du phénomène des inondations dans toute l’Europe.
Il souligne la nécessité de mettre pleinement en œuvre et de manière efficace la politique existante de l’UE dans le domaine de l’eau. Au cours du débat, le commissaire Vella a rappelé les États membres à l’ordre, car certains sont en retard dans la soumission de leur plan de gestion des risques d’inondation et de gestion des bassins hydrographiques, des plans qui auraient dû être soumis à la Commission en décembre de l’an dernier. (Aminata Niang)