Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a souhaité signaler, vendredi 7 octobre, qu’il n’était pas dupe quant aux manœuvres du gouvernement britannique visant à se coaliser en secret avec les industriels du continent en vue des futures négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE.
« Je vois les manœuvres » que « le Royaume-Uni, son gouvernement et les milieux qui sont proches de lui » réalisent aujourd'hui. Ils sont « en train d’expliquer aux industriels du continent qu’il faudra tout de même que les relations soient les plus paisibles possible » avec les Vingt-sept une fois le 'Brexit' concrétisé, a-t-il dit lors de son intervention à Paris sur l'avenir politique de l'UE, dans le cadre d'un débat organisé par l'institut Jacques Delors.
M. Juncker a mis en garde contre l'objectif qui se cacherait derrière ces manœuvres. « Il ne faudrait pas que des pans entiers de l’industrie européenne s’engagent dans des pourparlers secrets, dans des chambres noires, rideaux tirés, avec les envoyés du gouvernement britannique pour venir d’ici une année voir Michel (Barnier, NDLR), la Commission, le Conseil en leur expliquant » que « la liberté de circulation des personnes est une très petite chose vu l’ampleur des avantages que nous pouvons tirer de nos relations commerciales avec le Royaume-Uni », a-t-il souligné.
Il a ainsi souhaité rappeler que la position de principe qu'il défendait était celle que la liberté de circulation des personnes ne pouvait pas être sacrifiée sur l'autel des négociations avec Londres. « Si nous commençons à détricoter le marché intérieur », alors « nous inaugurerions la fin de l’Europe, de ses principes directeurs et de tout ce qui fait la noblesse et finalement le succès de l’Europe ». « Nous devons être intransigeants », a-t-il insisté. (Jan Kordys)