Condamnant fermement les procès politiquement motivés, la poursuite d’opposants politiques et l’issue décidée à l’avance des procès, les députés européens ont appelé, jeudi 6 octobre, à une « révision prompte et impartiale » de l’affaire Victoire Ingabire « qui s’appuie sur des faits, respecte le droit et soit libre de toute restriction, influence indue, pression ou menace ». Mme Ingabire, présidente du parti des Forces démocratiques unifiées (FDU) a été condamnée à 15 ans d'emprisonnement pour « conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre », « minimisation du génocide » de 1994 et « propagation de rumeurs dans l'intention d'inciter à la violence ».
« Les procès et les chefs d’accusation ne sauraient reposer sur des lois vagues et imprécises interprétées à mauvais escient », a souligné le Parlement dans une résolution commune des groupes ELDD, CRE, PPE, S&D, Verts/ALE et GUE/NGL adoptée à main levée.
Par ailleurs, les députés demandent la libération immédiate de toutes les personnes emprisonnées ou inculpées uniquement parce qu’elles ont exercé leur droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Ils ont d’ailleurs appelé le Rwanda à reproduire, dans le domaine des droits de l’homme, les progrès spectaculaires accomplis dans les domaines social et économique. (Camille-Cerise Gessant)