Soucieux de la santé des consommateurs, le Parlement européen a demandé, jeudi 6 octobre à Strasbourg, que l’UE harmonise les exigences de sécurité pour les emballages alimentaires, les ustensiles de cuisine et de vaisselle qui sont largement utilisés dans la vie quotidienne sans que l’on sache s’ils sont sûrs.
Dans une résolution non contraignante adoptée à une large majorité (559 voix pour, 31 contre et 26 abstentions), les députés s’alarment du manque de mesures harmonisées d’évaluation des risques, de contrôle et de traçabilité des très nombreuses substances (jusqu’à 150 000) présentes dans ces matériaux. Aussi appellent-ils l’UE à remédier aux lacunes observées dans la mise en œuvre du règlement concernant les matériaux destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires (règlement CE 1935/2004).
Ce règlement établit des exigences de sécurité pour tous ces matériaux afin d’exclure la migration vers des denrées alimentaires de quantité de substances susceptibles de présenter un danger pour la santé humaine, d’entraîner une modification inacceptable de la composition des aliments ou d’altérer leurs caractères organoleptiques. Il recense 17 matériaux et objets à encadrer par des mesures spécifiques de sûreté. Or, à ce jour, seuls quatre types de matériaux – les matières plastiques, les céramiques, les celluloses régénérées et les matériaux ‘actifs et intelligents’ sont soumis à des mesures spécifiques à l’échelle de l’UE, s’inquiètent les eurodéputés
« L’absence de critères harmonisés est problématique pour les consommateurs, les entreprises et les autorités. Certains pays ont des niveaux de protection élevés, d’autres non. Nous savons, grâce à différentes études, que certaines substances présentes dans les emballages sont dangereuses pour la santé. L’UE devrait donc revoir la législation actuelle », a déclaré le rapporteur, Christel Schaldemose (S&D, danoise).
Les députés estiment que la Commission européenne devrait également privilégier l'élaboration de mesures européennes spécifiques pour le papier et le carton, les vernis et les revêtements, les métaux et les alliages, les encres d’impression et les adhésifs.
La résolution adoptée souligne que les matériaux destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires constituent une source importante d’exposition de l’être humain aux substances chimiques préoccupantes, notamment les hydrocarbures perfluorés (PFC) et les perturbateurs endocriniens chimiques comme les phtalates et les bisphénols « qui ont été associés à des maladies chroniques, à des problèmes de reproduction, à des troubles du métabolisme, à des allergies et à des problèmes de développement neurologique ».
Selon une étude réalisée par le service de recherche du Parlement européen, un certain nombre de substances présentes dans les matériaux en contact avec les aliments n'a pas été évalué, en particulier des impuretés et/ou des réactions chimiques présentes dans le matériau fini. Cette étude fait état d’un large consensus entre toutes les parties prenantes sur le fait que l’absence de mesures uniformes est préjudiciable à la santé publique et à la protection de l'environnement ainsi qu’au bon fonctionnement du marché intérieur. (Aminata Niang)