Bruxelles, 30/05/2016 (Agence Europe) - La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, et le secrétaire mexicain de l'Économie, Ildefonso Guajardo Villareal, ont donné le coup d'envoi, lundi 30 mai à Bruxelles, aux négociations pour moderniser l'accord de libre-échange UE/Mexique, qui est en vigueur depuis 2000. Le premier round de négociations au plan technique se tiendra en juin.
« Nous avons une forte relation économique avec le Mexique. En 15 ans, nos échanges de biens ont augmenté de plus de 250% et l'UE est la source de 40% des investissements étrangers au Mexique. Mais beaucoup de choses ont changé depuis 2000, nous sommes passés à 28 et le Mexique est devenu l'une des économies émergentes les plus dynamiques du monde. Il fait donc sens que nous modernisions notre accord commercial », a commenté Mme Malmström lors d'un point presse, lundi après-midi.
« Nous voulons éliminer les barrières aux échanges et nous assurer que notre accord de libre-échange est plus efficace pour ouvrir les marchés. Nous voulons que cet accord suive son propre chemin même si, bien sûr nous sommes inspirés par l'ambition des négociations de libre-échange UE/États-Unis et l'accord de libre-échange Transpacifique (TPP) », a ajouté la commissaire.
Le Conseil a donné à l'unanimité mandat à la Commission d'élargir l'accord de libre-échange UE/Mexique, approfondir son niveau d'ouverture, le faire correspondre à l'ambition que l'UE a avec d'autres partenaires en allant au-delà des engagements à l'OMC et lever les barrières aux échanges tout en ayant des normes élevées pour la protection des consommateurs et de l'environnement, a précisé Mme Malmström.
Le but est aussi de donner aux entreprises, aux PME en particulier, un meilleur accès aux marchés publics, d'avoir un nouveau système de protection des investissements, de protéger les droits de propriété intellectuelle - y compris les indications géographiques - et d'inclure un chapitre sur le développement durable - droits du travail, normes environnementales, droits de l'homme et lutte contre la corruption, a-t-elle ajouté.
« Nous devons faire face à de nouveaux défis comme le commerce électronique et encourager les PME à entrer dans les chaînes de valeurs mondiales », a renchéri M. Villareal. Le responsable mexicain a dit que le Mexique allait examiner « avec une attitude positive » la proposition de l'UE de nouveau système de protection des investissements, la Cour pour l'investissement (ICS), qui vise à remplacer le mécanisme de règlement des litiges entre investisseurs et États (ISDS) dans les accords commerciaux et qui est prévu dans l'accord de libre-échange récemment conclu par l'UE avec le Canada (CETA). « Le Mexique a une longue tradition d'accords sur l'investissement. Nous en avons aujourd'hui avec 16 des 28 États membres. C'est très précieux pour donner de la confiance dans l'environnement des affaires au Mexique », a-t-il insisté.
Les deux parties n'ont, en revanche, pas spéculé sur la durée des négociations pour la modernisation de l'accord commercial UE/Mexique. « Nous n'avons pas l'intention de retarder quoi que ce soit, mais ce doit être un bon accord. Nous devons donc nous assurer que nos deux priorités sont là et que nos lignes rouges sont acceptées », a expliqué Mme Malmström, citant l'accès au marché des services et aux marchés publics, la protection des indications géographiques et les règles dans le domaine sanitaire et phytosanitaire comme les principaux intérêts offensifs de l'UE.
« Nous croyons qu'il ya de grandes zones pour une situation gagnant-gagnant pour améliorer cet accord. La force du Mexique dans l'industrie agroalimentaire est quelque chose d'important. La force de l'UE dans le secteur des services et des services financiers est hautement significative. Nous avons des intérêts communs pour élargir l'accès aux marchés respectifs », a conclu M. Villareal.
L'UE et le Mexique sont convenus, lors de leur dernier sommet bilatéral, en juin 2015, de procéder à des négociations pour moderniser l'accord global qui, conclu en 1997, régit depuis 2000 leur coopération en matière politique et commerciale (EUROPE 11334). (Emmanuel Hagry)