Bruxelles, 30/05/2016 (Agence Europe) - La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, François Hollande, ont souligné les responsabilités particulières de leurs deux pays envers le projet européen, dimanche 29 mai à l'occasion de la commémoration du centenaire de la bataille de Verdun, l'un des symboles des atrocités commises au cours de la Première Guerre mondiale entre 1914 et 1918.
« La France et l'Allemagne ont une conception de l'Europe qui va au-delà de la protection de ses frontières (…). Nos deux pays ont vocation à porter un projet qui retienne l'espérance et donne un sens au progrès », a déclaré M. Hollande lors de la cérémonie à l'Ossuaire de Douaumont, en présence des présidents de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et du Parlement européen, Martin Schulz. Et d'ajouter: « L'Europe est une culture, un mode de vie, un modèle social. Elle ne se résume pas à des institutions, mais à des projets, à ce qu'elle permet de faire ensemble ce que séparément chacun serait trop à l'étroit pour réaliser. L'Europe, c'est un partage d'expériences, d'échanges, de connaissances qui démultiplient les talents nationaux, mais c'est aussi une exigence de citoyenneté, de participation et de démocratie et c'est ce qui a paru le plus manquer aux peuples, au point de leur laisser croire que l'Union européenne entraverait leur souveraineté et leurs choix ».
Le président français a également listé les « responsabilités particulières » que les deux pays, tirant la leçon du sang versé, doivent assumer: « porter une ambition européenne pour assurer plus de protection et de sécurité à nos peuples », « assurer pleinement la défense de notre continent dans le cadre de nos alliances et donner à l'Europe, les moyens d'agir dans le monde pour la solidarité et le développement », « mettre fin à des conflits qui sont à nos portes » comme en Ukraine, « lutter dans le respect du droit et des libertés contre le terrorisme, le fanatisme, la radicalisation », « accueillir les populations qui fuient les drames et les massacres et cherchent refuge là où elles pensent être reçues dignement ».
Selon Mme Merkel, les 300 000 morts de Verdun ont été victimes du nationalisme, de l'aveuglement et de l'échec politique. La meilleure façon de leur rendre hommage consiste à « reconnaître à quel point il est nécessaire de ne pas se refermer sur soi, mais de s'ouvrir aux autres », a-t-elle estimé, convaincue que « les défis communs du XXIe ne pourront être affrontés qu'ensemble ».
Entre février et décembre 1916, la bataille de Verdun a coûté la vie à plus de 300 000 soldats autant français qu'allemands. La ville du nord-est de la France est devenue un symbole de la réconciliation franco-allemande, notamment lorsqu'en 1984, lors d'une cérémonie similaire, le président français, François Mitterrand, avait pris la main du chancelier allemand, Helmut Kohl. (Mathieu Bion)