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Bulletin Quotidien Europe N° 11560
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INSTITUTIONNEL / (ae) royaume-uni

L'OMC met en garde contre les coûts d'un 'Brexit'

Bruxelles, 27/05/2016 (Agence Europe) - Outre des coûts conséquents pour les consommateurs et les entreprises britanniques en termes de droits de douane, une sortie du Royaume-Uni de l'UE - communément appelé Brexit - contraindrait le pays à des négociations compliquées pour fixer les termes de son adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), a averti cette semaine le directeur général de l'OMC, Roberto Azevêdo, dans un entretien au quotidien britannique Financial Times publié jeudi 26 mai.

Pour M. Azevêdo, une sortie britannique de l'UE conduirait à des négociations sans précédent entre le Royaume-Uni et les 161 autres membres de l'OMC, que le pays a rejoints sous les auspices de l'UE et dont les conditions d'adhésion ont fait l'objet de deux décennies de tractations menées par la Commission. Si les citoyens du Royaume-Uni venaient à voter pour sa sortie de l'UE, le pays ne serait pas autorisé à simplement faire un « copier-coller » de ses termes d'adhésion, prévient-il.

Le Royaume-Uni serait contraint de trouver un accord sur tout: des milliers de lignes tarifaires couvrant ses produits, les quotas sur les exportations agricoles et les subventions aux agriculteurs britanniques, et aussi l'accès aux marchés tiers dont les banques et sociétés de services britanniques jouissent actuellement. « À peu près tout le commerce du Royaume-Uni devrait en quelque sorte être renégocié », explique M. Azevêdo.

L'OMC n'a jamais connu de telles renégociations avec un membre existant et même les procédures pour le faire restent floues, souligne M. Azevêdo, précisant que la complexité probable de ces négociations serait assimilable aux négociations tortueuses qu'expérimente un pays qui veut adhérer à l'OMC.

« C'est une décision très importante pour le peuple britannique. C'est une décision souveraine. Mais il est très important, en particulier en ce qui concerne le commerce, qui est très important pour l'économie britannique, que les défis ne soient pas sous-estimés » », insiste le diplomate brésilien.

Un Brexit conduirait le Royaume-Uni à perdre son accès préférentiel aux marchés couverts par 36 accords commerciaux négociés par l'UE avec 58 pays tiers. Pour rester en conformité avec les règles de l'OMC, le Royaume-Uni devrait alors imposer des droits 'de la nation la plus favorisée' plus élevés sur les importations depuis ces pays et lever ses propres surtaxes sur les exportations britanniques, précise-t-il.

Une analyse de l'OMC évalue à 9 milliards de livres les coûts des droits de douane supplémentaires pour les importations britanniques de marchandises et à 5,5 milliards de livres les coûts des droits de douane supplémentaires que subiraient les exportations de marchandises britanniques. Des coûts que le consommateur britannique devra payer, a averti M. Azevêdo.

La seule autre option possible pour le Royaume-Uni serait supprimer tous les obstacles pour tous les membres de l'OMC, en transformant son économie en économie en franchise, comme Singapour, et en levant les protections dont les industries nationales politiquement sensibles bénéficient au titre de l'UE, estime M. Azvêdo. « C'est possible. Mais c'est aussi très peu probable », conclut-il. (Emmanuel Hagry)

 

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