Bruxelles, 18/05/2016 (Agence Europe) - Le commissaire européen à l'Agriculture, Phil Hogan, a critiqué, mardi 17 mai, l'attitude américaine dans les négociations de libre-échange UE/États-Unis (TTIP), reprochant à Washington de ne montrer d'intérêt, à ce stade, que pour le démantèlement tarifaire.
Lors de la réunion des ministres de l'Agriculture de l'UE, mardi à Bruxelles, où, à la demande de l'Autriche, la Commission a informé le Conseil sur les progrès des négociations TTIP à l'issue du 13ème round de pourparlers au plan technique, fin avril à New York (EUROPE 11453), M. Hogan a de nouveau critiqué la posture américaine dans ces négociations.
M. Hogan a déploré que le round de New York n'ait permis « aucune percée » compte tenu d'un « manque d'ambition » des Américains qui, a-t-il estimé, « veulent la libéralisation des échanges à l'exclusion des autres dossiers » clés pour l'UE, tels que les mesures sanitaires et phytosanitaires, les barrières non tarifaires et des indications géographiques. Sur ce dernier point, les États-Unis « devraient bouger, mais on ne voit rien », a insisté M. Hogan, regrettant « [l'absence] de proposition intéressante » de la part des États-Unis, « surtout si l'on veut conclure à la fin de l'année ».
Malgré quelques progrès enregistrés à New York dans la consolidation des textes dans les piliers 'réglementation' et 'règles', beaucoup de travail reste à accomplir et des ponts à bâtir pour satisfaire les intérêts offensifs de l'UE - accès au marché des services et accès aux marchés publics, protection des indications géographiques - pour boucler un accord de principe d'ici fin 2016.
Les ministres du Commerce de l'UE ont réaffirmé, vendredi 13 mai, leur souhait de conclure, d'ici fin 2016, un TTIP ambitieux dans tous les domaines clés pour l'UE (EUROPE 11551).
À cette occasion, la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, a assuré travailler « d'arrache- pied » pour aboutir à un accord avant le terme du mandat de l'administration Obama, tout en réaffirmant la primauté du contenu sur le calendrier. « Nous voulons un équilibre global et nous n'y sommes pas encore », a-t-elle insisté, rappelant que l'UE « voulait un niveau d'équilibre équivalent des offres pour tout ce qui concerne l'accès au marché - les tarifs, les services et les marchés publics ». (Emmanuel Hagry)