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Bulletin Quotidien Europe N° 11553
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Énergie

Polémique sur le soutien de la Commission à un essor du nucléaire

Bruxelles, 18/05/2016 (Agence Europe) - À la suite de la divulgation par le média allemand Spiegel online d'un document relatif au nouveau plan de développement des technologies énergétiques durables révélant le soutien de la Commission à un essor du nucléaire dans l'UE, le groupe Verts/ALE au Parlement européen est monté au créneau, mardi 17 mai, pour dénoncer les intentions de la Commission.

« Ce document souligne encore la tendance de la Commission à habiller les chiffres sur le nucléaire. Les partisans du nucléaire veulent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour obtenir un soutien financier massif pour maintenir en vie cette industrie incapable de s'en sortir seule. Le droit européen de la concurrence et les aides d'État devraient être mis de côté pour le nucléaire », a déploré l'Allemande Rebecca Harms.

La Commission, qui a déjà suggéré de prolonger la durée de vie des réacteurs jusqu'à 60 ans, propose « l'idée folle » de promouvoir des mini réacteurs nucléaires décentralisés, s'insurge Mme Harms, critiquant le soutien apporté aux projets d'EPR qui sont des échecs à ce stade. « L'explosion des coûts dans les projets prévus ou en cours à Olkiluoto (Finlande), Flamanville (France) et Hinkley Point (Royaume-Uni) prouvent que l'EPR n'est pas viable. Cela a conduit l'entreprise française Areva à la ruine », ajoute-t-elle.

« La Commission doit enfin arrêter de miser sur cette technologie risquée et placer l'innovation et le développement durable au cœur du projet d'Union de l'énergie. Stimuler sérieusement l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables, en soutenant la recherche dans le stockage de l'énergie, est la seule voie pour lutter contre le changement climatique et créer des emplois à travers l'Europe », conclut Mme Harms.

« La suggestion que les fonds publics devraient être utilisés pour soutenir la recherche nucléaire en Europe est un déni de réalité: le nucléaire est une technologie en échec et elle représente une perte dangereuse de temps et d'argent dans la lutte contre le changement climatique », a renchéri l'ONG environnementaliste Greenpeace, appelant à soutenir davantage les énergies renouvelables.

La Commission a pour sa part cherché à temporiser mardi, assurant que le document divulgué était un « document de discussion » transmis par sa DG Recherche aux experts nationaux, le 13 mai, et identifiant dix priorités de recherche future éventuelle, dont le nucléaire. « Cette question sera discutée le 24 mai et amènera à l'adoption d'une déclaration non contraignante d'intention qui permettrait d'aider à orienter les programmes de politique de recherche de la Commission, des États membres et des instituts de recherche. La décision des États membres sur leur choix ou pas de l'énergie nucléaire dans leur bouquet énergétique est de compétence nationale, rien a changé en l'espèce », a précisé une porte-parole de la Commission. (Emmanuel Hagry)

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