Bruxelles, 18/05/2016 (Agence Europe) - La Commission européenne a déploré une nouvelle fois le manque d'allant des Etats membres en matière de relocalisation de demandeurs d'asile et de réinstallation des réfugiés, mercredi 18 mai, en publiant un nouveau rapport.
Alors qu'un objectif de 20 000 relocalisations par mois a été fixé, à peine 1500 personnes ont été relocalisées à ce jour depuis la Grèce (909) et l'Italie (591) sur les 106 000 personnes concernées par le programme et seulement 355 de plus par rapport à la dernière publication de la Commission le 16 mars. « Une fois de plus, seuls quelques États membres et États associés à Schengen ont procédé à des relocalisations », a critiqué l'institution européenne dans son rapport.
L'Autriche, qui bénéficie toutefois d'une suspension ponctuelle, la Hongrie et la Slovaquie n'ont toujours pas fourni d'engagements chiffrés concernant ce programme. Les 355 personnes récemment relocalisées l'ont été en France, aux Pays-Bas, en Lettonie, Roumanie, à Malte et en République tchèque.
Selon les informations disponibles, quelque 46 000 demandeurs d'asile et migrants se trouvent en Grèce continentale et attendent le traitement de leur dossier. « La Grèce est confrontée à une crise humanitaire qui exige une réaction rapide pour permettre un grand nombre de relocalisations », a souligné la Commission. Les autorités grecques ayant lancé « une grande campagne de pré-enregistrement qui accélérera l'identification et l'enregistrement complet des candidats à une relocalisation », « un nombre significatif de demandeurs d'asile supplémentaires seront prêts à être relocalisés dans les mois suivants », a-t-elle estimé.
Pour accélérer la cadence des relocalisations, la Commission recommande aux États membres de mettre en place une « planification efficace pour accroître leurs engagements » - notamment pour intensifier la relocalisation des mineurs non accompagnés - et « raccourcir le délai de réponse aux demandes de relocalisation ». Elle appelle en outre les pays, auxquels d'importants contingents ont été attribués, à participer plus activement au processus de relocalisation. Sont concernées l'Espagne, mais aussi l'Allemagne ou la Pologne. Ce groupe de pays, qui compte aussi la République tchèque, la Croatie et les Pays-Bas, a jusqu'à présent pris des engagements à hauteur d'à peine 5% du contingent qui leur a été alloué.
177 Syriens ont été réinstallés de la Turquie vers l'UE
En ce qui concerne le programme de réinstallation, au 13 mai 2016, 6 321 personnes avaient été réinstallées dans l'UE. Ces personnes ont été accueillies par 16 pays: Autriche, Belgique, République tchèque, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Islande, Irlande, Italie, Liechtenstein, Lituanie, Pays-Bas, Norvège, Suisse et Royaume-Uni. Le nombre de réinstallations au départ de la Turquie augmente et s'est élevé à 177 Syriens depuis début avril. La Suède en a accueilli le plus grand nombre (55), devant l'Allemagne (54), les Pays-Bas (52), la Finlande (11) et la Lituanie (5). Environ 2 000 réinstallations sont actuellement prévues entre mai et juillet 2016, pour autant qu'un nombre correspondant de réfugiés syriens soient renvoyés depuis la Grèce vers la Turquie en application du mécanisme 'un pour un' qui figure au cœur de l'accord UE/Turquie sur la migration de mars (EUROPE 11515).
La Commission note que, depuis le 12 avril, seulement 2581 personnes sont arrivées en Grèce, soit une baisse de 75% par rapport à la même période en 2015, tandis que 10 242 personnes sont arrivées en Italie, une tendance similaire à celle de 2015. Un nombre plus élevé d'Érythréens et de mineurs non accompagnés a cependant été observé sur le territoire italien. Toujours sur l'Italie, la Commission met en garde les États membres contre des conditions climatiques qui, en s'améliorant avec l'arrivée de l'été, pourraient renforcer la route migratoire de la Méditerranée centrale. Il faudra alors que « tous les États membres apportent leur appui », a-t-elle souligné. (Solenn Paulic)