Bruxelles, 28/04/2016 (Agence Europe) - La Commission européenne a de « graves préoccupations » concernant le projet de l'Autriche de construire une clôture physique au col du Brenner, à la frontière austro-italienne, a expliqué sa porte-parole, Mina Andreeva, jeudi 28 avril.
L'institution européenne rejette en effet toute nouvelle mesure qui pourrait entraver le retour fin 2016 à un fonctionnement normal de l'espace Schengen de libre circulation des personnes, comme le prévoit la feuille de route de la Commission publiée début mars (EUROPE 11505).
Selon la porte-parole, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s'entretiendra du projet autrichien avec le président du Conseil italien, Matteo Renzi, jeudi 5 mai à Rome, en marge de la cérémonie d'octroi du Prix Charlemagne au Pape François.
Vienne a annoncé qu'elle allait installer une barrière de 370 mètres de long et quatre mètres de haut à la frontière avec l'Italie pour endiguer le flux de migrants venant de ce pays, sauf si l'Italie autorise des policiers autrichiens à patrouiller dans les trains sur le territoire italien. L'Autriche veut mobiliser 250 policiers pour les contrôles à partir de fin mai et 150 soldats autrichiens seront mis à disposition pour intervenir à la frontière. Les ministres de l'Intérieur autrichien et italien devaient se réunir jeudi après-midi à Rome pour discuter de cette question.
Jeudi, la Commission a également demandé au gouvernement autrichien de lui soumettre au plus vite la nouvelle loi sur l'asile dès qu'elle sera finalisée, a dit la porte-parole. Cette nouvelle loi, adoptée partiellement mercredi 27 avril, est très décriée par les ONG en ce qu'elle restreint drastiquement le droit d'asile. Le texte, adopté par le Parlement, limite à trois ans l'octroi initial du droit d'asile et prévoit la possibilité de décréter un 'état d'urgence migratoire' au cours duquel les migrants seraient bloqués aux frontières sans même pouvoir formuler une demande d'asile. (Solenn Paulic)