Bruxelles, 25/04/2016 (Agence Europe) - L'Union européenne a souligné, samedi 23 et dimanche 24 avril, que les négociations inter-syriennes devaient reprendre. Les principaux dirigeants de l'opposition syrienne du Haut Comité des négociations ont décidé, le 19 avril, de reporter sine die leur participation aux négociations, laissant uniquement sur place une équipe technique pour poursuivre les discussions. L'envoyé spécial de l'ONU, Staffan de Mistura, a annoncé que les discussions allaient « sans doute » se poursuivre jusqu'au mercredi 27 avril.
Ainsi, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a souligné, le 23 avril, « la nécessité que les discussions politiques se remettent sur les rails », lors de sa conférence de presse avec le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, en Turquie. « Les récentes attaques contre des civils et les obstacles opposés à l'accès humanitaire sont des tentatives cyniques pour faire échouer la seule chance réelle d'arrêter l'effusion de sang », a-t-il expliqué.
« Les pourparlers de Genève entre les parties en conflit en Syrie sont la voie essentielle pour un processus de transition politique qui rétablira la paix », a jugé, pour sa part, la porte-parole de la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, dimanche 24 avril, dans un communiqué. Selon elle, il est nécessaire que les deux parties participent « pleinement et de bonne foi », aux négociations « qui devraient se poursuivre sous les auspices de (l'envoyé spécial de l'ONU) M. de Mistura, comme convenu ». « Tôt ou tard, seules des négociations politiques pourront résoudre ce conflit et, pour le bien de tous les Syriens, cela devrait être plus tôt » que tard, a-t-elle estimé. La porte-parole a précisé que l'UE était prête à soutenir le processus politique « par tous les moyens à sa disposition » et que l'UE avait pleinement confiance en M. de Mistura pour mener ce processus.
Pour que le processus de transition réussisse, il faut aussi que « les deux parties respectent l'accord de cessation des hostilités et permettent l'accès humanitaire qui permettra aux populations en état de siège ou dans les endroits difficilement accessibles de recevoir le soutien dont elles ont besoin », a ajouté la porte-parole. Si des progrès considérables ont été accomplis depuis l'entrée en vigueur de la cessation des hostilités, cette dernière est « menacée par des mesures unilatérales ou de représailles menées par une partie ou l'autre », a-t-elle expliqué. « Si les deux parties ne font pas un pas en arrière, la situation reviendra tout simplement à l'impasse violente qui a causé tant de souffrances dans le passé », a ajouté la porte-parole de Mme Mogherini. Elle a précisé que l'UE appelait les garants de la cessation des hostilités et le groupe de travail pertinent à user le plus possible de leur influence pour mettre fin aux violations de l'accord. Par ailleurs, l'UE va poursuivre ses efforts conjoints avec les Nations unies pour assurer la livraison de l'aide humanitaire, a annoncé la porte-parole. (Camille-Cerise Gessant)