Bruxelles, 25/04/2016 (Agence Europe) - 2 072 est le nombre de produits de consommation dangereux notifiés en 2015 par les autorités nationales via le système d'alerte rapide de l'UE pour les produits non alimentaires (RAPEX), un chiffre légèrement en baisse (2 435 l'année précédente), et 62% des notifications de risque grave visaient des produits chinois (contre 64% en 2014), selon le rapport annuel de RAPEX, publié lundi 25 avril par la Commission européenne.
Grâce à RAPEX, les informations relatives aux produits potentiellement dangereux ou qui sont retirés du marché et/ou rappelés par le fabricant n'importe où en Europe sont rapidement transmises aux États membres et à la Commission européenne, ce qui permet l'adoption de mesures de suivi adaptées dans toute l'UE - qu'il s'agisse d'interdiction/cessation des ventes, de retrait du marché, de rappel par le fabricant ou de refus d'importation desdits produits par les autorités douanières. Les consommateurs, quant à eux, sont informés de ces mesures, via le site Internet de RAPEX.
Les 2 072 notifications ont suscité 2 745 réactions et plus de la moitié des notifications ont engendré des actions de suivi. 1 703 notifications concernaient des produits présentant un risque grave pour les consommateurs.
En présentant ces résultats à la presse, la commissaire européenne à la Justice et à la Protection des consommateurs, Vera Jourova, s'est félicitée d'une 'success story' qui se confirme « tant pour le marché intérieur que pour le consommateur ». Pour autant, les efforts pour améliorer le système devront se poursuivre, a-t-elle indiqué, et ce pour relever deux grands défis:
Lever les obstacles à la sécurité des produits à l'ère numérique. « L'un des obstacles, ce sont les produits commandés en ligne, qui parviennent directement au foyer des consommateurs. Nous voulons achever le marché unique numérique, mais dans un climat de confiance », a déclaré Mme Jourova. Cela nécessite d'améliorer les contrôles des autorités douanières, pour lesquelles la Commission a mis à disposition 2,5 millions d'euros pour financer l'échantillonnage aux fins de l'évaluation des produits vendus en ligne.
La Commission européenne prend très au sérieux les travaux de l'OCDE sur les risques liés au commerce électronique et va lancer un appel à toutes les parties prenantes pour améliorer le site Internet de RAPEX par le biais d'un dialogue pour tenir compte des défis du monde numérique, a indiqué la commissaire.
Renforcer la coopération bilatérale avec la Chine, toujours 'numéro un' en sa qualité de pays de provenance des produits dangereux, « sans que cela soit une surprise, eu égard au volume de produits importés de Chine par l'UE », a tenu à préciser Mme Jourova.
Annonçant qu'elle se rendra en Chine en juin, la commissaire a insisté sur la nécessité d'aider ce pays à améliorer son propre système RAPEX pour permettre de renforcer les contrôles avant l'exportation, d'améliorer la traçabilité des produits et d'explorer avec les autorités compétentes (AQSIQ) les possibilités d'étendre la portée de ce système aux ventes de produits en ligne. Entre 2006 et 2014, l'AQSIQ a assuré le suivi de plus de 3 000 notifications (une enquête a été menée sur une centaine de cas par mois) et 57% des investigations ont débouché sur des mesures préventives ou restrictives. Dans de nombreux cas, il reste difficile de remonter à la source du produit concerné.L'amélioration de la traçabilité des produits permettra d'améliorer ce pourcentage, d'identifier les fabricants fautifs et de les sanctionner, a souligne Mme Jourova.
Au palmarès 2015 des produits potentiellement dangereux qui ont été retirés du marché, les jouets occupaient toujours la première place (555 notifications, soit 27% des alertes, contre 28% en 2014).
Suivaient l'habillement, le textile et les articles de mode (346 notifications, soit 17% des alertes contre 23% l'année précédente), les véhicules à moteur (214 notifications, 10% des alertes, contre 8% des alertes en 2014), les appareils et équipements électriques (199 notifications, 9% des alertes, chiffre stable) et les bijoux/bijoux fantaisie (117 notifications, 6% des alertes)
L'an dernier, les risques liés aux produits chimiques (572 notifications, soit 25%) étaient ceux les plus fréquemment notifiés et sont passés pour la première fois devant les blessures (524 notifications, 22%), une nouvelle tendance que la Commission explique notamment par le fait que les autorités de surveillance « ont mis l'accent sur le contrôle de la présence de produits chimiques non autorisés dans les bijoux fantaisie, les jouets et les vêtements, grâce aux activités de surveillance conjointe cofinancées par l'UE ». Il convient, selon Mme Jourova, de mettre les bouchées doubles pour lutter contre ce risque caché nécessitant une surveillance du marché et des tests des entreprises.
Suivaient, dans l'ordre de cette classification, les chocs (395 notifications, 17%), les chocs électriques (281 notifications, soit 12%), les incendies (177 notifications, 8%). (Aminata Niang)