Bruxelles, 12/04/2016 (Agence Europe) - Le PE a adopté, mardi 12 avril à Strasbourg, le rapport non législatif de Roberta Metsola (PPE, maltaise) et Kashetu Kyenge (S&D, italienne) sur la gestion à long terme des migrations dans l'UE (EUROPE 11513), le rapport demandant notamment une révision radicale du système de Dublin qui devra être centralisé, selon les députés. Le rapport a été adopté par 459 voix pour, 206 voix contre et 52 abstentions.
Le PE a aussi demandé des canaux sûrs et légaux pour l'entrée dans l'Union de ressortissants de pays tiers sans que ces derniers ne doivent avoir recours à des passeurs et risquer leur vie. Dans cette résolution non contraignante, les députés pointent l'échec du système d'asile européen à faire face au nombre toujours croissant d'arrivées de migrants et demandent une réforme radicale des règles dites de Dublin. Ils proposent de créer un système central pour rassembler et répartir les demandes d'asile. Le système, qui pourrait inclure un quota pour chaque État membre de l'UE, fonctionnerait sur la base de points d'accès ('hotspots') à partir desquels les réfugiés seraient répartis, explique le PE.
« Il n'existe pas de solution simple ni de remède miracle à la question de la migration. Nous avons besoin de plus de solutions d'urgence et d'une approche durable pour l'avenir », a dit Mme Metsola pendant le débat en plénière. « Il ne faut pas combattre les migrations, mais les gérer », a affirmé pour sa part Mme Kyenge, ajoutant que l'approche européenne devrait se baser sur la solidarité et le partage des responsabilités. Dans sa résolution, le PE demande aussi aux États membres de respecter leurs obligations concernant les mesures de relocalisation d'urgence et, en matière de réinstallation, veut un « dispositif législatif contraignant et obligatoire ».
Pour certains eurodéputés, ce rapport « rate le coche », a par exemple estimé Timothy Kirkhope (CRE, britannique), le député conservateur jugeant que les options radicales sur Dublin « ne méneront à rien » et que le rapport a abordé de manière trop évasive des questions telles que les retours.
Pour l'ADLE, ce rapport est équilibré et une étape « importante pour créer un système d'asile qui fonctionne bien », a dit Cecilia Wikström. Barbara Spinnelli, pour la GUE/NGL, estime que la résolution présente des aspects positifs, mais aurait souhaité qu'elle permette de dénoncer l'accord UE/Turquie. (Solenn Paulic)