Bruxelles, 12/04/2016 (Agence Europe) - La Cour des comptes européenne a publié, mardi 12 avril, un rapport dans lequel elle affirme que les actions européennes concernant la lutte contre l'eutrophisation de la mer Baltique « manquent d'ambition » et ne sont parvenues qu'à des « progrès limités ».
La lutte contre l'eutrophisation de la mer Baltique - pollution des eaux causée par un excédent de nutriments (due principalement à l'agriculture et aux eaux urbaines résiduaires) qui provoque une prolifération importante d'algues potentiellement toxiques - représente un défi majeur pour l'Union européenne. La mer Baltique est en effet une des mers les plus polluées au monde. Malgré cet enjeu, la Cour soutient que « les plans des États membres manquent d'ambition et d'indicateurs appropriés ».
Trois faiblesses sont mises en avant par la Cour: - l'investissement dans les infrastructures de traitement des eaux usées n'a été que partiellement efficace ; - les mesures dans le domaine agricole ne sont pas à la hauteur du problème ; - la valeur ajoutée de la stratégie de l'Union pour la région de la mer Baltique, qui vise en particulier à protéger l'environnement et à réduire des nutriments, est difficile à évaluer.
« Améliorer la qualité des eaux dans la mer Baltique nécessite des actions plus ciblées et une plus grande coopération avec la Russie », avait souligné Ville Itälä, membre de la Cour des comptes et responsable du dossier, la veille à quelques journalistes. Selon lui, l'objectif d'avoir une mer Baltique propre et saine ne sera atteint que si « les États membres concernés font un meilleur usage des compétences qui leur sont accordées ».
Afin d'améliorer l'efficacité des actions de lutte contre l'eutrophisation de la mer Baltique, la Cour des Comptes a formulé des recommandations. Elle appelle notamment la Commission européenne à continuer de promouvoir les projets visant à réduire les charges de nutriments que la Russie et la Biélorussie rejettent dans la mer Baltique, en ciblant plus précisément les pollueurs importants. Les États membres sont également conviés à concevoir et construire leurs infrastructures de traitement des eaux résiduaires de manière aussi efficiente que possible. Si nécessaire, ils pourraient aussi envisager d'octroyer une aide financière aux ménages qui, autrement, ne pourraient pas se permettre le raccordement au réseau d'assainissement. (Maëlle Didion, stag)