Bruxelles, 12/04/2016 (Agence Europe) - Une suspension du régime d'exemption de visas avec les États-Unis, le Canada et le Brunei serait contre-productive et dommageable aux intérêts de l'UE, a estimé la Commission européenne, mardi 12 avril, en se positionnant ainsi contre une telle décision alors que le droit de l'Union l'y invite puisque ces pays exigent toujours des visas de la part de certains ressortissants européens.
L'exemption de visas accordée par l'UE aux Américains, Canadiens et Brunéiens devrait aller de pair avec une exemption de visas pour tous les Européens souhaitant se rendre dans ces pays tiers, en vertu du principe de réciprocité. En pratique, ces trois pays continuent de soumettre les ressortissants de certains États membres à une obligation de chose faite. Le collège des commissaires, réuni à Strasbourg, a adopté une communication spécifique transmise au Conseil de l'UE et au Parlement européen. Ces derniers ont jusqu'au 12 juillet pour prendre position sur la meilleure voie à suivre au vu de l'évaluation réalisée par la Commission. Et celle-ci est très claire: l'UE aurait plus à perdre qu'à gagner en suspendant ces régimes.
En effet, en analysant les conséquences d'une suspension, la Commission est arrivée aux conclusions suivantes: - il serait « fort peu probable » que les États membres soient en mesure de traiter le nombre accru de demandes de visa ; - le secteur aérien, entre autres, serait fort impacté ; un coup « non négligeable » serait porté aux relations extérieures de l'UE avec « deux partenaires stratégiques », avec lesquels elle négocie des accords commerciaux. La Commission a souhaité rassurer: « La réciprocité totale de l'exemption de visa demeurera un sujet prioritaire dans nos relations bilatérales avec ces pays et nous poursuivrons nos efforts pour atteindre un résultat équilibré et juste », a-t-elle indiqué par la voix de son commissaire à la Migration, Dimitris Avramopoulos. (Jan Kordys)