Bruxelles, 21/01/2016 (Agence Europe)- Les députés européens ont appelé, mercredi 20 janvier, l'Union européenne à s'impliquer davantage dans le règlement de la crise dans le sud-est de la Turquie, qualifiant la situation de « déplorable ».
« L'UE doit intervenir, elle doit jouer un rôle de conciliation pour que les négociations (de paix avec les Kurdes) reprennent, c'est une question d'humanité et de valeurs de l'UE. On a des responsabilités », a appelé l'Allemande Renate Sommer pour le PPE, lors d'un débat au Parlement européen (PE). « C'est la population kurde qui est visée, la région est devenue une zone de guerre. Ce n'est pas acceptable que l'UE ait une position aussi modérée, que nous gardions le silence et que nous fermions les yeux en raison de la crise des réfugiés », a-t-elle souligné. Selon elle, si l'UE n'agit pas, elle risque de se retrouver face à un nouvel afflux de réfugiés, kurdes cette fois. Plus de 200 000 d'entre eux ont déjà fui les combats dans le sud-est de la Turquie.
« Il est temps que l'UE lance un appel déterminé en faveur du cessez-le-feu, pour que les pourparlers reprennent et pour que le couvre-feu soit levé », a ajouté Kati Piri (néerlandaise), au nom du S&D. Pour la GUE, le Chypriote Takis Hadjigeorgiou a jugé que l'Union devait adresser un message à la Turquie. Marie-Christine Vergiat (GUE/NGL, française) a demandé la visite, au plus vite, d'une délégation officielle du PE dans le pays.
« J'ai honte. Honte car l'UE n'a pas le courage de défendre les citoyens kurdes, de les protéger. Ils sont les seuls alliés fiables contre Daech et on leur donne un coup de couteau dans le dos », a lancé, au nom du CRE, Mark Demesmaeker (belge), demandant que la protection des minorités soit une pré-condition aux négociations sur l'adhésion de la Turquie. « L'UE doit toujours être très ferme sur les droits de l'homme (…) En aucun cas, il ne faut troquer les droits de l'homme contre des négociations avec la Turquie », a poursuivi l'Allemande Ska Keller pour les Verts/ALE.
Le commissaire aux Négociations d'adhésion, Johannes Hahn, a précisé que la Haute Représentante et lui-même allaient discuter, entre autres, de la situation avec les autorités turques, lors d'un dialogue de haut niveau, lundi 25 janvier à Ankara. (Camille-Cerise Gessant)