Strasbourg, 21/01/2016 (Agence Europe) - Le commissaire européen aux Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, a indiqué jeudi 21 janvier, lors d'un débat en plénière du PE, que les mesures de lutte contre le terrorisme devaient s'accentuer en 2016, particulièrement contre le financement de ce phénomène, après une année 2015 qui a marqué un tournant avec 150 victimes d'attentats dans l'UE. « Soyons réalistes, la menace est très élevée », a-t-il jugé.
Le commissaire a rappelé l'arsenal de mesures prises en 2015 entre aboutissement du dossier sur le PNR européen, plan d'action sur les armes à feu, révision ciblée du Code Schengen pour mettre en place des contrôles systématiques de tous les voyageurs aux frontières externes de Schengen ou encore centre de contre-terrorisme au sein d'Europol.
M. Avramopoulos en a profité pour demander aux États membres d'accroître le partage d'information entre eux, mais aussi avec Europol. Il a aussi précisé que l'année 2016 se concentrerait sur les avoirs des terroristes et sur le tarissement de leurs ressources et de leurs modes de financement. La Commission est appelé à présenter, début février, un plan d'action spécifique (EUROPE 11469).
Les eurodéputés, qui débattaient de la menace terroriste dans l'UE, ont à la fois demandé un renforcement de la coopération entre les pays membres en matière d'informations et un équilibre entre sécurité et liberté, certains élus s'inquiétant de dérives sécuritaires.
Le ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas, Bert Koenders, a souligné qu'à ce jour 5 000 combattants européens étaient signalés comme étant sur les terrains de combat étrangers auprès de groupes djihadistes et que cela posait toujours un énorme défi en termes de sécurité lorsqu'ils reviennent dans l'UE. Le ministre a également souligné que l'accent devait être mis sur la prévention de la radicalisation, via Internet, et sur la sécurité aux frontières de l'UE, le dernier renforcement du Code Frontières Schengen opéré en ce sens devant relever ce défi. Mais, a-t-il souligné, il ne faut pas non plus entièrement fermer les frontières, car des migrants viennent en Europe et fuient eux aussi les terroristes.
Du côté du PE, certains élus ont insisté sur le fait de ne pas faire de « mauvais choix » entre sécurité et liberté et de ne pas se reposer uniquement sur la collecte d'un « tas d'informations qui ne servent pas », a mis en garde notamment Jan-Philipp Albrecht (Verts/ALE, allemand). D'autres, comme Marielle de Sarnez (ADLE, française), ont jugé que le travail resterait inefficace tant qu'il n'y aurait pas de « partage d'informations obligatoire ». Du côté du groupe CRE, certains estiment par ailleurs qu'il faut revoir entièrement la politique de l'UE avec les pays tiers, en particulier la Turquie, l'Arabie saoudite ou le Qatar, des « pays qui soutiennent et financent le terrorisme » et qu'il faudrait plutôt « sanctionner ». (Solenn Paulic)