Bruxelles, 21/01/2016 (Agence Europe) - La sécurité et les intérêts économiques continuent de dominer la politique de l'UE et son approche institutionnelle de la migration au détriment des droits humains et du développement durable, affirme CONCORD, la plus grande confédération d'ONG européennes de secours et de développement.
Publié mercredi 20 janvier, son rapport intitulé 'Coherence for migration and security - and what about development ?' analyse les politiques migratoires de l'UE au regard du devoir de cohérence des politiques au service du développement, tel qu'inscrit dans le Traité, et dans quelle mesure les politiques de l'UE ont concrètement contribué au développement durable des pays en développement. Le constat est sévère: le rapport montre que les objectifs de développement durable, au premier rang desquels l'éradication de la pauvreté et le respect des droits humains, sont sapés par l'accent mis sur les contrôles aux frontières et les préoccupations liées à la sécurité, tant pour ce qui concerne les priorités politiques, financières que l'assistance technique. CONCORD le regrette profondément.
« L'UE et ses États membres ont souscrit aux objectifs de développement durable en reconnaissant la contribution positive des migrants et des migrations au développement durable. Mais leurs politiques tendent à réduire la migration, à empêcher les migrants de venir en Europe et à encourager leur retour », explique Bob Van Dillen, président de la Task force 'Migration et développement' de CONCORD.
Mais les recommandations de CONCORD en faveur d'une politique européenne qui mette l'accent sur les aspects positifs des migrations, place le droit légitime de chacun à une vie décente et renforce la perspective de développement, atténuent la sévérité du constat. Il convient notamment de s'attaquer, dans les politiques extérieures, aux causes profondes des migrations et déplacements forcés, d'éviter la fuite des cerveaux des pays d'origine et de promouvoir le potentiel de contribution des migrants au développement. « Les migrants sont des acteurs clés du développement. Les potentiels de développement peuvent évoluer et s'exercer au bénéfice tant des pays de résidence que des pays d'origine uniquement si les droits humains sont au coeur des politiques de migration », résume Johannes Trimmel, président de CONCORD. (Aminata Niang)