Bruxelles, 21/01/2016 (Agence Europe) - L'emploi et la situation sociale continuent de se détériorer dans l'Union européenne. Malgré certaines améliorations, les effets de la crise continuent de se faire ressentir tandis que les disparités entre et au sein des pays sont de plus en plus marquées. Tel est le bilan du rapport 2015 sur l'emploi et la situation sociale, publié par la Commission européenne jeudi 21 janvier.
Ce rapport, publié chaque année, fait le point sur les dernières évolutions en matière sociale et d'emploi, en examinant les difficultés à venir ainsi que les actions à envisager pour y remédier. Il évalue en particulier la situation des personnes plus vulnérables, comme les femmes, les personnes âgées, les jeunes et les inactifs.
Il montre que, même si l'emploi a augmenté en Europe, le chômage reste toujours très élevé dans certains pays comme l'Espagne ou la Grèce (où il dépasse toujours 20%). Autre observation: la généralisation des contrats temporaires, à durée déterminée ou à temps partiel, contre la volonté des travailleurs. À Chypre, 94,3% des personnes qui exercent un emploi temporaire le font contre leur gré, tandis que ce pourcentage est de 8,8% en Autriche.
Devant la presse, la commissaire Marianne Thyssen a indiqué qu'elle prévoyait de présenter, en collaboration avec les partenaires sociaux, trois propositions pour améliorer cette situation: (1) le pilier européen des droits sociaux, soit un « cadre de référence fondé sur les valeurs et les principes qui constituent la quintessence de l'économie sociale de marché du 21ème siècle » ; (2) le paquet pour la mobilité des travailleurs, afin d' « élargir des opportunités pour tous tout en garantissant des règles claires, équitables et exécutables » ; (3) un agenda sur les nouvelles compétences pour lutter contre le manque de main-d'oeuvre qualifiée.
Frustrations sur le paquet 'mobilité des travailleurs'. Interrogée sur les reports successifs du paquet 'mobilité des travailleurs', la commissaire Thyssen a indiqué que la présentation du paquet avait été retardée suite aux négociations avec le Royaume-Uni. « Le paquet est prêt. Mais nous avons pris la décision d'attendre. C'est un peu frustrant, mais c'est plus sage dans le cadre des négociations avec le Royaume-Uni. (…) J'espère que nous pourrons présenter nos propositions au printemps (…) et toujours sous forme de paquet. Cela dépend du prochain Sommet européen. J'espère qu'il y aura un accord », a indiqué la commissaire belge. « Le plus tôt sera le mieux parce que nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre ». (Sophie Petitjean)