Bruxelles, 21/01/2016 (Agence Europe) - Les représentants des quatre groupes politiques au Parlement européen (PPE, S&D, CRE et ADLE) ont salué, lors d'un débat en plénière jeudi 21 janvier, la perspective de négociations de libre-échange entre l'UE d'un côté, l'Australie et la Nouvelle-Zélande de l'autre, mais ils ont appelé à prendre adéquatement en compte les sensibilités de l'UE, en particulier en agriculture.
« À la lumière du Partenariat transpacifique (TPP), il est très logique que nous négociions des accords de libre-échange avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Il est clair que nous avons une relation très proche avec ces deux pays, des structures démocratiques et économiques similaires », a expliqué Bernd Lange (S&D, allemand), soulignant toutefois la nécessité de prendre en compte les secteurs sensibles de l'UE en matière agricole - produits laitiers, sucre, boeuf, mouton et viande de mouton - mais aussi ses desiderata en matière d'OGM et de protection des indications géographiques (IG). Le patron de la commission du commerce international a aussi insisté sur l'opportunité de façonner des règles mondiales avec ces deux pays « qui ont les mêmes structures » et « d'être plus ambitieux avec eux que cela n'était le cas avec le TPP ».
Au nom de la Commission, le commissaire Neven Mimica (Développement) a souligné les intérêts offensifs de l'UE, notamment en matière de marchés publics, et il a estimé qu'il était possible de négocier des accords substantiels avec ces deux pays, comme ceux-ci l'ont fait avec Japon et la Corée du Sud, en prenant en compte les fortes sensibilités en agriculture. Il a aussi souligné le souhait de l'UE d'obtenir une protection des IG allant au-delà des accords déjà existants avec ces deux pays sur la protection des vins et spiritueux.
Au nom du groupe PPE, l'Allemand Daniel Caspary s'est félicité de l'opportunité de négocier des accords de libre-échange avec deux pays de la dynamique région Asie-Pacifique, appelant la Commission à néanmoins prendre en compte les préoccupations du secteur agricole.
Au nom du groupe S&D, l'Autrichienne Karoline Graswander-Hainz a appelé la Commission à veiller au maintien de normes européennes élevées, à l'exclusion des services publics et à la protection des IG, des produits sensibles en agriculture et des normes sociales et environnementales de l'UE.
La Britannique Emma McClarkin (CRE) s'est félicitée de l'opportunité donnée à l'UE de négocier un accord ambitieux incluant les IG et la protection des investissements, l'économie numérique, le commerce électronique, les règles d'origine et incluant un chapitre sur les PME.
Se félicitant de l'opportunité pour l'UE de rapprocher son marché avec deux partenaires du TPP, l'Italienne Tiziana Beghin a souligné, au nom du groupe ELDD, les menaces de tels accords pour l'agriculture de l'UE, appelant à exclure les produits sensibles des négociations.
Au nom du groupe Verts/ALE, l'Allemande Maria Heubuch a souligné la nécessité que les produits agricoles, « qui sont d'importance capitale pour ces deux pays », soient placés au coeur de la discussion. « Nos agricultures sous pression vont se retrouver en concurrence accrue avec les agriculteurs australiens et néo-zélandais ; cela met de l'huile sur le feu », a-t-elle prévenu. (Emmanuel Hagry)