Bruxelles, 13/11/2015 (Agence Europe) - En visite à Kiev, vendredi 13 novembre, la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, a indiqué que l'UE faisait « tout son possible » pour éviter des mesures de rétorsion commerciale de la part de la Russie à l'encontre de l'Ukraine après l'entrée en vigueur de la zone de libre-échange UE/Ukraine, prévue le 1er janvier 2016.
« Je ne suis pas sûre de ce qui va se passer du côté de la partie russe contre l'Ukraine. J'aimerais le savoir, mais je ne le sais pas. Mais nous essayons de faire tout notre possible pour éviter [des représailles commerciales russes] », a déclaré Mme Malmström lors d'un point presse, en réponse aux questions de médias locaux. « Nous avons beaucoup de réunions avec la partie ukrainienne et la partie russe sur la mise en oeuvre de l'accord de libre-échange UE/Ukraine. Notre condition est qu'il ne conduise pas à un embargo de la partie russe, mais, bien sûr, il n'y a pas de garanties », a poursuivi la commissaire.
La Russie, l'Ukraine et l'UE sont convenues, lors de leur dernière réunion ministérielle relative à ce dossier, le 7 septembre, de poursuivre au plan technique, jusque fin octobre, leurs discussions visant à répondre aux préoccupations de la Russie relatives à la mise en oeuvre de l'accord de libre-échange UE/Ukraine, qui doit être appliqué le 1er janvier 2016. Les trois parties avaient prévu de se retrouver au niveau ministériel en novembre pour faire le point. Cette réunion reste attendue d'ici début décembre.
Mme Malmström, qui a rencontré vendredi le président ukrainien, Petro Porochenko, et plusieurs membres du gouvernement ukrainien - le Premier ministre, Arseni Iatseniouk, le chef de la diplomatie, Pavlo Klimkin, et le ministre de l'Économie, Aivaras Abromacius, a félicité ses hôtes pour les réformes accomplies jusqu'ici en vue de la mise en oeuvre de l'accord de libre-échange. « Mais du travail reste à faire. La lutte contre la corruption est essentielle », a-t-elle insisté. La commissaire a toutefois assuré l'Ukraine du soutien de l'UE sur la route des réformes, mais aussi pour profiter pleinement de l'accord de libre-échange. « C'est un instrument important, qui nécessite des réformes et un climat d'investissement propice », a-t-elle ajouté.
Mme Malmström a, en particulier, appelé Kiev à accélérer ses réformes sur les normes sanitaires dans le domaine agricole. « Les exportations ukrainiennes vers l'UE ont augmenté depuis l'introduction des préférences commerciales. Mais il y a la possibilité de faire mieux. Une réforme particulièrement importante est de s'assurer que les exigences en matière sanitaire dans le domaine agricole soient du niveau de celles de l'UE. Cela faciliterait beaucoup les exportations agricoles de l'Ukraine », a-elle conclu. (Emmanuel Hagry)