Bruxelles, 08/09/2015 (Agence Europe) - Si la Russie, l'Ukraine et l'UE ont convenu, lors d'une réunion ministérielle, lundi 7 septembre, de poursuivre au plan technique, jusqu'en octobre, leurs discussions à trois visant à répondre aux préoccupations russes relatives à la mise en oeuvre de l'accord de libre-échange (ALE) entre l'UE et l'Ukraine, qui doit être appliqué le 1er janvier 2016, la partie semble loin d'être gagnée.
À l'issue de leurs entretiens avec la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, le chef de la diplomatie ukrainienne, Pavlo Klimkin, et le ministre russe du Développement économique, Alexei Ulyukayev, ont, chacun de leur côté, admis qu'il serait difficile de trouver un arrangement d'ici la fin de l'année.
« Nous n'avons reçu aucune preuve étayant les préoccupations des Russes », a affirmé, du côté ukrainien, M. Klimkin. « Le 1er janvier est la date ultime », a-t-il martelé alors que la Russie veut un nouveau report de l'entrée en vigueur de la zone de libre-échange UE/Ukraine. « C'est une décision conjointe entre la Commission et l'Ukraine », a insisté le ministre ukrainien.
Du côté russe, M. Ulyukayev a jugé que les chances de parvenir à un compromis n'étaient « pas très élevées ». Le ministre russe a aussi prévenu que Moscou imposerait des restrictions commerciales à l'Ukraine si la zone de libre-échange démarrait au 1er janvier 2016, menaçant d'étendre à son voisin l'embargo agro-alimentaire qu'elle applique à l'UE depuis l'été 2014. Un ensemble de mesures dont le coût est estimé pour l'Ukraine à 1,5 milliard d'euros par an. La Russie estime pour sa part le préjudice pour son économie lié à l'ALE UE/Ukraine à 100 milliards de roubles par an, soit 1,3 milliard d'euros au cours actuel.
M. Klimkin et Ulyukayev ont tous deux reconnu que les pourparlers bloquaient sur les trois domaines sur lesquels les trois parties ont convenu de travailler après le compromis trilatéral du 12 septembre 2014 qui avait permis un report de 15 mois de l'ALE UE/Ukraine: la coopération douanière, les obstacles techniques au commerce et les mesures sanitaires et phytosanitaires.
Lundi, les deux ministres et Mme Malmström ont mandaté leurs experts pour poursuivre leurs travaux au plan technique afin de préparer un 'plan' d'ici octobre avec des 'solutions pratiques' répondant aux préoccupations russes. Tous trois se retrouveront en novembre pour faire le point et « permettre un résultat mutuellement convenu avant la fin de l'année ».
Après les deux sessions de travail au plan technique début juin et début juillet, la Commission avait fait part, début août, de « certains progrès » dans les domaines de la réglementation technique et des douanes et de « difficultés persistantes » dans le domaine sanitaire et phytosanitaire (EUROPE 11383).
Les consultations trilatérales sur l'accord de libre-échange UE/Ukraine font partie de l'accord de paix de Minsk du 12 février. (Emmanuel Hagry)