Bruxelles, 08/09/2015 (Agence Europe) - Quatre mois après sa présentation de la stratégie du marché unique numérique, la Commission européenne s'apprête à lancer plusieurs consultations publiques dans le courant de ce mois de septembre. Dans cette optique, le vice-président de la Commission européenne Andrus Ansip, responsable du Marché unique numérique, a convoqué à Strasbourg, mardi 8 septembre, l'ensemble des commissaires concernés par la stratégie à une réunion de travail afin de faire le point sur les démarches à suivre.
Les consultations les plus attendues seront certainement celles sur le géoblocage et sur les plateformes en ligne, qui ont suscité de nombreux commentaires ces derniers mois. « Nous consulterons énormément de septembre jusqu'au printemps de l'année prochaine, avec toutes les parties concernées. Et nous considérerons avec la plus grande attention s'il y a lieu d'envisager de nouvelles mesures et quel serait leur impact pour inciter à innover et à fournir de nouveaux services. Nous nous attellerons à cet exercice avec prudence, sérieux et avec un esprit ouvert », a déclaré Andrus Ansip lundi 7 septembre, à l'occasion d'une conférence organisée par le groupe de réflexion Bruegel sur l'innovation et l'économie numérique.
Dans son discours, M. Ansip a souligné une certaine inquiétude de l'Union européenne quant au sort réservé aux données récoltées par les entreprises et les grandes sociétés numériques sur le marché. Il a évoqué également l'intention de la Commission de se pencher particulièrement sur le comportement et l'influence économique gagnée par les plateformes, étant donné les volumes énormes de données et d'informations qu'elles génèrent, accumulent et contrôle chaque jour. « Elles ont gagné un rôle de pivot, et non pas seulement en tant que 'hébergeurs en ligne'. Il n'y a qu'une part très limitée de l'économie qui ne dépendra pas de ces plateformes dans un futur proche », a indiqué Andrus Ansip, expliquant que certaines plateformes avaient gagné une puissance de marché sans précédent, en particulier dans leurs relations avec les fournisseurs de données.
« Nous allons rassembler les preuves sur ces sujets (…) Nous devons savoir et comprendre clairement s'il y a réellement des problèmes et, dans l'affirmative, comment nous allons les traiter », a ajouté M. Ansip. La Commission examinera également des sujets tels que l'accès et l'ouverture (aux données) car « les plateformes devraient être des opportunités. C'est important pour l'industrie ».
La consultation publique sur les plateformes est attendue pour la mi-septembre et devrait être ouverte jusqu'au printemps. Elle comprendra également des questions sur la libre circulation des données et l'informatique 'en nuage' (cloud computing).
En matière de géoblocage, Andrus Ansip estime que les obstacles géographiques doivent être levés afin de permettre la « libre circulation des données ». Il souhaite « une économie des données ouverte et épanouie », basée sur des règles de protection des données solides, et a annoncé que, l'année prochaine, la Commission présentera des initiatives sur la libre circulation des données. (Isabelle Lamberty)