Bruxelles, 08/09/2015 (Agence Europe) - Le président du Conseil européen, Donald Tusk, est d'avis que l'Union économique et monétaire (UEM) doit évoluer à travers des initiatives législatives « réalistes » ne nécessitant pas de changement de traité.
Sur le renforcement de l'UEM, « au lieu d'avoir des idées révolutionnaires et de plaider des changements systémiques soudains (par exemple des changements de traité importants), nous devrions utiliser chaque possibilité d'améliorer et de corriger le système actuel », a déclaré M. Tusk, lundi 7 septembre à Bruxelles, lors d'un dîner marquant le 10ème anniversaire du think tank Bruegel.
S'appuyant sur les propositions du rapport des '5 présidents' auquel il a personnellement contribué (EUROPE 11340), le président du Conseil européen a évoqué trois mesures qui permettraient d'améliorer la gestion de la monnaie unique. Il a plaidé pour la mise en place d'un « régime commun de garantie des dépôts » afin d'achever l'union bancaire en zone euro. « Quelle que soit la difficulté de cette réforme, elle ne nécessite pas de modification de traité. Je suis bien conscient que certains dirigeants politiques, pas seulement en Allemagne, ne sont pas d'accord mais leurs arguments sont soit une exagération soit une excuse pour refuser le changement », a-t-il considéré.
M. Tusk a aussi vu d'un bon oeil les travaux visant à concrétiser une Union des marchés de capitaux et il a prôné la création dans l'Eurozone d'un « système de comités indépendants » qui seraient chargés de promouvoir la compétitivité. « Les divergences en matière de compétitivité au sein de la zone euro ont largement contribué à la récente crise et représentent toujours un problème sérieux », a-t-il déclaré. (Mathieu Bion)