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Bulletin Quotidien Europe N° 11355
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Migrants, Paris et Berlin s'engagent, mais l'objectif de 40 000 reste à atteindre

Luxembourg, 09/07/2015(Agence Europe) - Les ministres de l'Intérieur de l'UE, réunis jeudi 9 juillet à Luxembourg, tentaient toujours, en fin de journée, de s'accorder sur la répartition entre leur pays de 60 000 réfugiés et demandeurs d'asile et, plus précisément, de 40 000 personnes au titre du dispositif de 'relocalisation' et de 20 000 personnes dans le cadre du programme volontaire de réinstallation. À l'heure où nous mettions sous presse, l'objectif de 40 000 personnes n'avait pas encore été atteint. Si les engagements ont pu aller au-delà des 20 000 personnes en ce qui concerne la réinstallation, « on n'y est pas encore sur la relocalisation », a concédé le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière.

En marge d'un point presse avec son homologue français, Bernard Cazeneuve, le ministre allemand a officialisé l'engagement de l'Allemagne qui portera sur un peu plus de 3 000 personnes à réinstaller et sur plus de 9 000 personnes à 'relocaliser' depuis l'Italie et la Grèce, et cela, sur deux ans.

Cela correspond aux proportions données par la Commission le 27 mai dans ses propositions législatives. Le ministre de l'Intérieur français a, lui, indiqué que la France était prête à accueillir 2 375 personnes au titre de la réinstallation et 6 752 personnes à relocaliser. « Il n'y a pas de raison de ne pas accepter ces propositions », a commenté M. Cazeneuve, ces proportions étant aussi celles fixées par la Commission.

Les deux ministres se sont toutefois dits confiants sur le fait que le seuil de 40 000 personnes à répartir dans l'UE serait atteint, « peut-être ce soir, à la fin de la semaine ou à la fin du mois », a dit Bernard Cazeneuve. De son côté, le ministre allemand a expliqué que certains pays continuaient d'avoir des inquiétudes, par exemple, sur les flux de mouvement secondaires, et que certains États membres avaient donné des proportions « en deçà et d'autres au-dessus » des chiffres de départ.

Selon certaines sources, la grande majorité des pays membres concernés par ce dispositif a fourni des engagements chiffrés, à l'exception notable de l'Autriche et de l'Espagne (le Royaume-Uni, le Danemark, l'Irlande, l'Italie et la Grèce ne sont pas inclus). La Commission européenne avait proposé, fin mai, de soulager l'Italie et la Grèce confrontées à une forte pression migratoire depuis début 2015 en proposant de répartir 40 000 personnes dans l'UE et d'y réinstaller 20 000 réfugiés actuellement abrités hors de l'UE.

Mais la Commission avait heurté les sensibilités des Vingt-huit en proposant des critères fixes de répartition. En arrivant à Luxembourg jeudi, le ministre espagnol de l'Intérieur, Jorge Fernandez Diaz, a d'ailleurs réitéré ses réserves sur ce dispositif, indiquant qu'il ne livrerait pas d'engagements chiffrés ce 9 juillet, mais attendrait la fin du mois, le temps d'évaluer le système et les capacités d'accueil espagnole. Le ministre a contesté les chiffres attribués par la Commission, à savoir 4 288 demandeurs d'asile, a rapporté l'agence EFE. « Nous ne pouvons pas prendre 10% du nombre total », a tranché le ministre. EUROPE y reviendra. (Solenn Paulic)

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