Bruxelles, 09/06/2015 (Agence Europe) - Les constructeurs automobiles ont publié, mercredi 8 juillet, une lettre ouverte aux institutions européennes en vue de desserrer l'étau politico-législatif qui pèse sur le diesel et pour encourager un rapide renouvellement du parc automobile.
« Grâce à une amélioration permanente, le Diesel continuera d'être essentiel en vue de remplir les objectifs de l'après-2021(qui imposent des niveaux d'émissions du parc automobile européen -NDLR). Ainsi, les mesures politiques qui viennent contrecarrer l'essor de la nouvelle génération de Diesel pourraient saper les efforts actuellement déployés afin de réduire les émissions de CO2. De telles mesures n'ont aucun sens d'un point de vue environnemental », peut-on lire dans la lettre, quelque peu cabalistique, coécrite par l'Association européenne des constructeurs d'automobiles (ACEA) et l'Association européenne des fournisseurs automobiles (CLEPA) et FuelsEurope, qui représente les intérêts de raffineries opérant sur le territoire européen.
Tout en affirmant leur soutien aux normes européennes d'émissions (les normes Euro 5 et 6), les auteurs appellent ainsi à l'adoption d'un cadre législatif européen qui permette un renouvellement rapide du parc automobile roulant au diesel, rappelant que les véhicules de moins d'un an ne représentent que 5% du parc européen.
Une source proche des associations signataires a expliqué à EUROPE que la lettre faisait notamment référence à des initiatives politiques prises par certains États membres et des villes, qui ont tendance à ne faire aucune distinction entre les véhicules de génération antérieure et ceux de nouvelle génération, citant le projet français d'imposer une certification, une « pastille verte », décernée aux véhicules les moins polluants, et dont le niveau le plus élevé ne serait accessible à aucun véhicule diesel.
En mai 2015, l'eurodéputée Karima Delli (Verts/ALE, française) avait proposé « l'éradication du diesel d'ici 2020 » dans son projet de rapport sur la mobilité urbaine durable (EUROPE 11323). « C'est toujours le même langage du côté des constructeurs automobiles. Les constructeurs ne prennent pas en compte les particules fines particulièrement cancérigènes lorsqu'ils mesurent les émissions. Or, les particules fines sont à l'origine de 42 000 morts, pour moitié émises par les moteurs diesel » explique, en réaction à la lettre, l'eurodéputée à EUROPE, rappelant qu'en subventionnant le diesel « nous finançons les cancers de demain ».
Le projet de rapport est actuellement âprement discuté au Parlement entre les groupes politiques au sein de la commission des transports (TRAN). Les libéraux seraient en faveur du texte, mais le PPE serait contre, selon une source interne, forçant le report du vote en commission après la pause estivale. (Pascal Hansens)