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Bulletin Quotidien Europe N° 11338
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) sahel

L'UE et le G5 Sahel passent à une coopération plus intense et plus concrète

Bruxelles, 18/06/2015 (Agence Europe) - Le coup d'envoi d'une coopération plus opérationnelle entre l'UE et la région du Sahel, à la hauteur des défis communs à relever, a été donné mercredi 17 juin à Bruxelles, à l'issue de la première réunion de l'UE et des ministres des Affaires étrangères du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad ) (EUROPE 11336 ).

Jugée fructueuse par les deux parties, cette réunion sera désormais régulière et institutionnalisée dans ce format. La lutte contre le terrorisme et le crime organisé, la gestion commune des flux migratoires et la lutte contre les réseaux de trafiquants, le changement climatique et le développement durable de cette région subsaharienne parmi les plus pauvres au monde seront les trois grandes priorités de cette coopération pour concrétiser le plan d'action 2015-2020 de l'UE pour le Sahel.

« Nous avons décidé de travailler ensemble d'une façon plus opérationnelle, plus active, de passer des plans d'action aux actions concrètes. On a décidé de se rencontrer régulièrement au niveau ministériel et de demander à nos services, au niveau technique, de travailler de façon très concrète sur ces trois axes prioritaires», a déclaré à la presse, mercredi soir, la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogeherini.

La Haute Représentante a rappelé que l'UE va allouer plus de 5 milliards d'euros d'aide au développement à la région du Sahel entre 2014 et 2020, ou plus de 8 milliards, si l'on ajoute l'aide bilatérale des États membres. Et, selon elle, « c'est la première façon de faire face aux deux premiers défis qu'on partage - la lutte contre le terrorisme et la gestion des flux migratoires - parce que c'est en donnant de l'espoir, des opportunités, de l'emploi à la jeunesse de la région qu'on peut effectivement faire face à ces défis», a-t-elle précisé.

À ses côtés, Moussa Faki, ministre des Affaires étrangères et de l'Intégration africaine du Tchad, s'exprimant au nom de ses collègues, a fait état d'une « totale convergence de vues » sur les « défis majeurs » que sont « le défi sécuritaire dans ses différentes dimensions (la lutte contre le terrorisme, le trafic, la criminalité transfrontalière) et les questions de développement dans une région défavorisée où la sécheresse fait des ravages ».

« Les pays du Sahel sont engagés. C'est pour faire face aux défis communs qu'ils se sont organisés en G5 Sahel », a-t-il expliqué en annonçant que, « dans un mois, un mois et demi, va se tenir un sommet du G5 à Djamena au Tchad » pour « dérouler un certain nombre d'actions concrètes ».

Parmi « les situations très urgentes », il a cité, « la migration qui nous interpelle tous », que l'on soit pays de transit ou de destination. « C'est à partir des zones de l'Afrique subsaharienne, en traversant le Sahara, que l'essentiel des migrants rejoint l'Europe et trouve une escale non contrôlée qui est la Lybie», a souligné le ministre. Il s'est félicité, à cet égard, de la convergence de vues sur la nécessité de coopérer « pour trouver une solution pour pouvoir remettre à flot un État qui malheureusement devient un État néant ».

Lutter contre Boko Haram « qui fait des ravages dans le Bassin du Tchad » est, de l'avis de Moussa Faki, la deuxième urgence à laquelle l'UE et les dirigeants du Sahel s'attèlent. En témoigne le sommet de la région du 11 juin dernier, où la décision unanime a été prise « d'opérationnaliser la force mixte multinationale qui, également, a reçu l'aide de l'UE », s'est réjoui le ministre, et la décision, prise par l'UE, de dépêcher le soir même de la réunion ministérielle UE/G5 Sahel une délégation pour Abuja. « Je crois que nous avons trouvé le meilleur angle d'attaque pour travailler ensemble et concrétiser toute cette démarche pour sauver cette région qui est vraiment dans une situation humanitaire, politique et sécuritaire très, très difficile», a conclu le ministre tchadien. (Aminata Niang)

 

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