Bruxelles, 29/04/2015 (Agence Europe) - Le Parlement européen insiste pour l'adoption d'une nouvelle stratégie de l'UE en matière de lutte contre l'alcool et pour l'indication obligatoire de la teneur en calories des boissons alcoolisées.
Dans une résolution adoptée à mains levées, mercredi 29 avril en plénière, les députés insistent également pour une meilleure protection des jeunes face à l'alcool. La Britannique Glenis Willmott, co-rapporteur, a déclaré: « Le Parlement européen a clairement fait savoir que nous voulons que la Commission s'attaque de manière prioritaire aux méfaits de l'alcool. Nous avons envoyé un message fort à la Commission aujourd'hui. J'espère qu'ils écouteront et qu'il présenteront finalement une nouvelle stratégie qui établira comment cela sera réalisé ».
Dans la résolution, les députés demandent à la Commission européenne de « commencer immédiatement les travaux sur la nouvelle stratégie de l'UE en matière d'alcool (2016-2022) » afin d'aider les États membres à faire face aux méfaits de l'alcool. La stratégie devrait comprendre la collecte de données fiables, l'amélioration de la prévention et du traitement, la réduction des accidents causés par l'alcool au volant et l'analyse des différents modes de consommation.
Les députés demandent par ailleurs à la Commission d'évaluer si l'obligation de fournir aux consommateurs des renseignements sur les ingrédients et la valeur nutritive doit s'appliquer aux boissons alcoolisées alors que, en 2011, les boissons alcoolisées avaient été sorties du texte législatif sur l'étiquetage alimentaire. Les députés sont favorables à une indication claire de la teneur en calories des boissons alcoolisées et suggèrent à la Commission de faire une proposition en ce sens, pour 2016 au plus tard. Ils appellent également celle-ci à envisager un étiquetage à l'échelle européenne invitant les femmes enceintes à ne pas consommer de l'alcool et à alerter les consommateurs des dangers de l'alcool au volant. La Commission devrait aussi se pencher de manière adéquate sur la vente d'alcool sur Internet. De leur côté, les États membres sont invités à protéger davantage les jeunes face aux dangers de l'alcool en renforçant strictement la législation de l'âge limite pour consommer de l'alcool et les campagnes de prévention. Ils devraient aussi envisager des mesures contre la vente d'alcool bon marché.
Dans un communiqué, le Bureau européen des Unions de consommateurs (BEUC) se réjouit de la position ferme du Parlement européen en faveur de l'étiquetage des boissons alcoolisées. « Le Parlement européen a montré qu'il écoute les consommateurs. Si nous voulons réellement enrayer l'épidémie croissante d'obésité, l'étiquetage mentionnant les calories dans les contenus est un véritable must », a déclaré la directrice générale du BEUC, Monique Goyens. Selon elle, si les consommateurs sont conscients de la haute teneur en calories des boissons sucrées, ils le sont beaucoup moins en ce qui concerne les boissons alcoolisées. « La Commission doit maintenant tenir compte de l'appel du Parlement (…) Le paradoxe faisant que l'alcool ait été exempté de l'étiquetage obligatoire en matière d'ingrédients et de calories pour les boissons non alcoolisées est injustifiable. Les députés devraient être applaudis pour avoir pressé la Commission de s'atteler à la tâche », conclut Mme Goyens.
Réagissant de son côté, l'association spirits EUROPE, qui représente l'industrie des boissons alcoolisées en Europe, se réjouit que le Parlement ait mis l'accent sur une consommation abusive de l'alcool et ne condamne pas une consommation responsable. L'association ne fait, par contre, aucune allusion à un étiquetage éventuel des boissons alcoolisées. L'association des brasseurs d'Europe rappelle, elle, sa décision récente de lister volontairement les ingrédients contenus dans les boissons qu'elle produit et de livrer des informations nutritionnelles sur celles-ci. (Isabelle Lamberty)