Bruxelles, 20/04/2015 (Agence Europe) - Attendue mercredi 22 avril de la Commission européenne, la proposition de réforme de la procédure d'autorisation d'importer des OGM dans l'UE suscite la réprobation de Greenpeace. L'ONG a réitéré, lundi 20 avril, combien elle redoute que cette réforme ne soit antidémocratique car proposée sous la pression des lobbys de l'industrie et des États-Unis et contre le gré des citoyens européens.
La Commission s'apprête à proposer une procédure d'autorisation 'à la carte' pour les OGM importés aux fins de l'alimentation humaine ou animale, qui donnerait la possibilité aux États membres de l'UE d'interdire ou de limiter sur leur territoire l'utilisation d'OGM dont l'importation aurait été autorisée à l'échelle de l'UE (EUROPE 11292 et 11291). Cette proposition, calquée sur la procédure d'autorisation désormais en vigueur pour la culture des OGM dans l'UE, lui permettrait de relancer treize procédures d'autorisation en souffrance depuis des années.
« M. Juncker n'a cessé d'insister sur la nécessité de combler un fossé croissant entre les citoyens européens et les institutions de l'UE. Il a promis de rendre plus démocratiques les décisions concernant la culture des OGM en exigeant de la Commission qu'elle prenne en compte l'opposition majeure aux cultures génétiquement modifiées. Il est important que M. Juncker respecte sa promesse et ne sacrifie pas les intérêts des Européens au nom d'un accord de libre-échange avec les États-Unis », a déclaré Marco Contiero, directeur au bureau européen de Greenpeace, spécialiste de la politique agricole de l'UE.
L'engagement de Jean-Claude Juncker concernait notamment la révision de la législation qui jusqu'ici contraignait la Commission à autoriser des OGM, même si une majorité d'États membres y était opposée. La polémique suscitée par le cas du maïs 1507 de Pioneer auquel 19 États membres étaient opposés, avait précipité l'annonce de cette réforme.
Antidémocratique, la réforme envisagée l'est parce qu'elle permettrait à la Commission d'autoriser l'importation d'OGM contre l'avis majoritaire des États membres, estime Greenpeace ; - en outre, l'ONG dénonce « la pression croissance exercée par l'industrie des biotechnologies et les États-Unis, en particulier dans le cadre des négociations du TTIP en vue d'accroître le nombre d'OGM autorisés en Europe et d'accélérer les procédures d'autorisations de 13 OGM » sur la table de la Commission ; - les citoyens de l'UE sont sceptiques à l'égard des OGM aux fins de l'alimentation et de l'agriculture. Greenpeace en veut pour preuve le fait qu'en 2010 plus d'un million de citoyens avaient signé une pétition des ONG Avaaz et Greenpeace demandant l'interdiction des OGM jusqu'à ce que soit établie une nouvelle instance chargée d'évaluer leur sécurité (EUROPE 10278 et 10275). (Aminata Niang)