Bruxelles, 20/04/2015 (Agence Europe) - Les discussions entre les autorités grecques et les 'institutions' (Commission, BCE, FMI, fonds FESF), qui se sont tenues ce week-end à Paris pour des raisons logistiques, ont permis des progrès dans la recherche d'un accord avec la Grèce sur les réformes à mener.
Néanmoins, le temps perdu ces dernières semaines semble irrattrapable avant l'Eurogroupe du vendredi 24 avril, une décision n'étant plus attendue avant l'Eurogroupe de mai (EUROPE 11297).
« Comme nous l'avons demandé, le travail s'est intensifié », a expliqué, lundi 20 avril, Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission européenne. Les discussions au sein du 'groupe de Bruxelles' ont eu lieu tout le week-end et se poursuivaient lundi et mardi, avant la convocation d'une réunion extraordinaire des experts des trésors nationaux ('euro working group'), mercredi 22 avril.
Celle-ci aura surtout pour objectif de mettre les États de l'eurozone au courant des dernières avancées. Selon une source de l'eurozone, il s'agirait notamment de voir si les derniers progrès peuvent mener à certaines conclusions positives, quoique seulement très générales, en fin de semaine à Riga. Mais il se dit également que, malgré une atmosphère plus sereine et un certain engagement renouvelé des Grecs, il reste encore trop de chemin à faire pour cela. Le niveau de détail dans lequel les parties ont pu rentrer aurait été raisonnablement élevé et le travail réalisé à Paris devrait désormais se traduire par davantage de travail technique à Athènes, où là aussi l'atmosphère serait moins pesante. Les missions techniques à Athènes permettent en principe d'étayer le calcul de l'impact économique des réformes discutées par le 'groupe de Bruxelles'. Si les choses progressent mieux qu'avant - pendant ces deux trois dernières semaines, il ne s'est pas passé grand-chose, concède un proche du dossier -, ces dernières améliorations sont à prendre avec prudence.
Les Grecs n'auraient toujours pas apporté de clarté sur leur situation financière. Venues d'Athènes, les informations contradictoires sur la date à laquelle les autorités grecques seront réellement aux abois sur le plan financier n'arrangent pas les choses. Il semblerait toutefois que la Grèce aurait de quoi tenir jusque juin.
Les décisions ne sont pas prises à Bruxelles, mais par les États. La potentielle arrivée au gouvernement finlandais du parti des 'Vrais Finlandais' (voir autre nouvelle) opposé à davantage d'aide à la Grèce pourrait durcir davantage la position finlandaise dans ce dossier. Helsinki, Tallinn et Bratislava sont décrites comme les capitales de la zone euro ayant les positions les plus dures, au sein de l'Eurogroupe.
« Il faut vraiment, maintenant, et il n'y a pas de temps à perdre, que le gouvernement grec produise les réformes qu'on lui demande », a déclaré lundi matin sur iTélé Pierre Moscovici, commissaire aux Affaires économiques et financières. « Mon travail, ce n'est pas de préparer la sortie de la Grèce, c'est de l'éviter. Je n'ai pas de 'plan B', je n'ai qu'un 'plan A'. Le 'plan A', c'est la Grèce dans la zone euro, mais pour que la Grèce reste dans la zone euro, il faut maintenant des réformes, on ne peut plus tergiverser », a-t-il martelé, soulignant l'urgence de la situation. Il a ainsi fait écho au président de la BCE, Mario Draghi, qui avait déclaré pendant le week-end que la réponse se trouvait « entre les mains du gouvernement grec ».
Sur le contenu même des réformes, les Grecs ont réitéré pendant le week-end qu'ils ne modifieraient pas leurs lignes rouges. Le vice-Premier ministre, Yannis Dragasakis, a prévenu que des élections anticipées ou un référendum seraient possibles en cas d'échec des négociations, dans les colonnes du journal grec To Vima. Le ministre grec des Finances, Yannis Varoufakis, avait toutefois dit la semaine dernière que cette option ne faisait pas partie de la stratégie du gouvernement. (Elodie Lamer)