Bruxelles, 04/03/2015 (Agence Europe) - La chancelière allemande, Angela Merkel, a à son tour déclaré que la priorité pour la zone euro était désormais de boucler le second plan d'assistance financière à la Grèce, alors que les rumeurs d'un troisième plan d'aide vont bon train depuis les déclarations en ce sens de l'Espagne.
« Nous sommes tous mobilisés pour que le deuxième plan d'aide soit couronné de succès », a-t-elle déclaré, mercredi 4 mars, lors d'une visite à la Commission européenne. Elle a ajouté que le document contenant les réformes grecques approuvé par l'Eurogroupe devait désormais être concrétisé. « C'est sur ce point que nous nous concentrons pour le moment », a-t-elle conclu. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lui a fait écho, estimant que toute évocation d'un troisième plan d'aide était du domaine « de la pure spéculation intellectuelle ».
La concrétisation des mesures devait être en principe au coeur des discussions qui se tenaient par vidéoconférence mercredi soir, lors d'une réunion technique des experts nationaux préparant la réunion de l'Eurogroupe de lundi 9 mars. La Grèce entend y présenter six réformes détaillées et évaluées.
Dans une interview au quotidien espagnol El Pais, Jean-Claude Juncker a estimé que le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, avait « fait un pas fondamental, il a commencé à assumer ses responsabilités, mais il a un problème: il doit encore expliquer que certaines de ses promesses avec lesquelles il a remporté les élections ne seront pas tenues ». « Les élections ne changent pas les Traités », a-t-il répété, ajoutant qu'il était clair que l'on pouvait envisager la crise grecque d'une autre manière. « On peut faire preuve de davantage de flexibilité, mais la victoire de Tsipras n'ouvre pas le droit de tout changer », a déclaré M. Juncker. Il a également estimé que les partis comme Syriza ou Podemos, son pendant espagnol qui a le vent en poupe, analysaient souvent la situation de manière réaliste, mais faisaient des propositions qui ne sont pas « compatibles avec les règles européennes, elles conduiraient à une situation de blocage total ».
A noter également que la Grèce a levé, mercredi, 1,138 milliard d'euros en bons du Trésor à six mois, à un taux de 2,97%, en hausse par rapport au mois précédent. (Elodie Lamer)