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Bulletin Quotidien Europe N° 11253
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Embargo russe, pas de nouvelles mesures pour les fruits/légumes

Bruxelles, 13/02/2015 (Agence Europe) - Malgré les demandes du secteur agricole de renforcer les soutiens aux producteurs de fruits et légumes affectés par l'embargo russe, la Commission européenne estime qu'elle a pris les mesures les plus efficaces possible dans la limite de ses moyens financiers.

Dans une lettre du 3 février, Jerzy Plewa, directeur général de l'Agriculture à la Commission européenne, repousse l'idée de prendre de nouvelles mesures pour venir en aide au secteur des fruits et légumes de l'UE affecté par l'embargo russe sur les produits agricoles de l'UE. Il estime que les quantités de produits qui peuvent être retirées du marché pendant ce premier semestre 2015 - définies dans le cadre de l'extension pour 6 mois des mesures pour le secteur des fruits et légumes - sont déjà « considérables » (320 000 tonnes au total dont 203 000 tonnes de pommes et poires et 92 600 tonnes de légumes). Il a répondu à un courrier du 23 janvier envoyé par le Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l'UE), qui demandait des mesures supplémentaires pour le secteur des fruits et légumes. Parmi celles-ci: l'ajout de quantités maximales pour les agrumes et les pomme d'Espagne et d'Italie qui ont épuisé leur quota ; une enveloppe pour chaque État membre de 5 000 tonnes pour une liste de produits éligibles décidée par eux-mêmes en fonction de leur situation de marché ; l'actualisation des indemnités compensatoires en tenant compte des coûts de production, de stockage et de retrait.

Effets indirects

Le Copa-Cogeca estimait également que la crise économique et l'effondrement du rouble pénalisaient les exportations des pays tiers vers la Russie « qui se tournent dès lors vers le marché de l'UE, ce qui justifie aussi le maintien des mesures exceptionnelles au-delà de l'embargo ». Mais, souligne le directeur général de l'Agriculture dans sa réponse: « Quoique les données des exportations dont la Commission dispose ne permettent pas de prendre en considération les réexportations, la méthode utilisée assure une certaine proportionnalité avec les productions/exportations de chaque État membre ». Selon lui, « la Commission a agi rapidement pour soutenir le secteur par la prise de mesures les plus efficaces possible tout en tenant compte des moyens financiers dont elle dispose ».

Six pays mécontents

Cette question a été discutée lundi 9 février par les experts du Comité spécial agriculture. Certains pays (Italie, Roumanie, Bulgarie, Hongrie, Croatie, Slovaquie, Slovénie) ont critiqué le fait que les quantités prévues dans le nouveau règlement de la Commission (règlement délégué sur l'extension des mesures pour le secteur des fruits et légumes périssables) ne tiennent pas compte de la réalité des pays affectés. Slovaquie, Hongrie et Roumanie ont déploré aussi que les effets 'secondaires' de l'embargo russe n'aient pas été pris en compte: les fruits et légumes qui n'ont pas pu être vendus en Russie sont réorientés sur d'autres destinations dans l'UE, déstabilisant ainsi les marchés nationaux. (Lionel Changeur).

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