Bruxelles, 13/02/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a confirmé, vendredi 13 février, la reprise, au niveau ministériel le 3 mars prochain à Bruxelles, des consultations avec la Russie sur la prise en compte de l'impact de l'accord de libre-échange UE/Ukraine pour l'économie russe.
« Nous nous sommes entendus avec la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, pour nous rencontrer le 3 mars à Bruxelles pour discuter du spectre de nos relations, incluant les questions liées à l'application de l'accord d'association UE/Ukraine. Nous devons trouver des solutions sur ce point », a indiqué le ministre russe du Développement économique, Alexei Ulyukayev, vendredi matin. « Cette réunion à Bruxelles était prévue depuis plusieurs jours à la demande de M. Ulyukayev », a confirmé le porte-parole de Mme Malmström, Daniel Rosario.
La reprise des discussions trilatérales afin de trouver des solutions pratiques aux préoccupations soulevées par la Russie concernant la mise en oeuvre de l'accord d'association UE/Ukraine et de son volet commercial fait partie de l'accord de paix conclu entre l'Allemagne, la France, la Russie et l'Ukraine, le 12 février à Minsk, en vue de l'arrêt des hostilités dans l'est de l'Ukraine.
Aux termes du compromis trilatéral trouvé au niveau ministériel entre la Russie, l'Ukraine et l'UE, le 12 septembre 2014, la Commission a accepté de reporter au 1er janvier 2016 la mise en oeuvre provisoire de l'accord de libre-échange UE/Ukraine, se donnant ainsi un délai de 15 mois pour trouver les moyens de répondre aux préoccupations russes, via des consultations trilatérales.
Pendant ce temps, l'Ukraine continue de jouir des préférences commerciales que l'UE lui octroie depuis la fin avril 2014, tout comme du régime tarifaire préférentiel découlant de l'accord de libre-échange de la Communauté des États indépendants (Azerbaïdjan, Arménie, Belarus, Kazakhstan, Kirghizistan, Moldavie, Ouzbékistan, Russie, Tadjikistan).
L'accord de libre-échange UE/Ukraine vise en particulier à supprimer la plus grande partie des droits de douane entre les deux économies - libéralisation tarifaire pour 82,3% des produits agricoles ukrainiens, préférences pour 83,4% des exportations ukrainiennes de produits agricoles transformés et suppression des tarifs sur 94,7% des produits industriels ukrainiens.
Le régime de préférences tarifaires octroyées par l'UE à l'Ukraine depuis le printemps 2014, qui consiste en la mise en oeuvre de certaines dispositions de l'accord, octroie à l'Ukraine d'importantes réductions des droits de douane européens sur ses exportations, évaluées par la Commission à 500 millions d'euros d'économies par an. L'instauration de la zone de libre-échange rapporterait, pour sa part, de un milliard à un milliard et demi d'euros de gains par an à l'économie ukrainienne.
La Russie soulève des « problèmes systémiques » découlant de cet accord et réclame qu'il soit remanié. La Russie redoute l'arrivée sur son marché, via l'Ukraine, de produits européens au détriment de sa production nationale. En outre, la Russie considère que l'Ukraine ne peut pas bénéficier de conditions commerciales privilégiées avec elle et avec l'UE à la fois. Les préoccupations russes concernent les tarifs, les normes et la réglementation technique, les normes vétérinaires et phytosanitaires, l'énergie et les règlements douaniers. Moscou a demandé plus de 2 000 modifications à l'accord. (Emmanuel Hagry)