Bruxelles, 13/02/2015 (Agence Europe) - Les ministres de la zone euro tenteront, lundi 16 février, de parvenir à un accord sur la suite à donner au plan de sauvetage grec qui expire fin février.
À peine les discussions techniques entre les autorités grecques et la Commission, BCE et FMI ont-elles été amorcées, vendredi, que le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, s'est dit « très pessimiste au sujet d'une étape concrète lundi », sur la chaîne néerlandaise publique NOS. « Les Grecs ont de très grandes ambitions, mais les possibilités, étant donné l'état de l'économie grecque, sont limitées. Je ne sais pas si nous y arriverons lundi », a-t-il poursuivi. Ces discussions techniques visent à comparer le programme d'ajustement actuel et les plans du gouvernement grec, afin de voir où ils convergent et, au besoin, penser un remplacement des mesures honnies par d'autres réformes au même impact budgétaire. La Grèce et la zone euro sont « très loin d'un accord », a également prévenu Jean-Claude Juncker, président de la Commission. Les convergences ne devraient pas être négligeables, selon un haut fonctionnaire de l'UE. Le gouvernement allemand s'est dit prêt à discuter des contours du programme, mais la seule voie possible est son extension, a-t-il fait savoir par un de ses porte-parole. Ce haut fonctionnaire a toutefois évoqué une autre option: discuter d'un nouveau programme. « Je ne l'exclue pas », a-t-il dit. Nikos Houdis, ministre grec adjoint aux Affaires européennes, a, quant à lui, entrevu la possibilité que tout ne se « joue pas lundi », sur une radio grecque.
Portugal. L'Eurogroupe donnera, selon toute vraisemblance, son feu vert politique au remboursement anticipé par le Portugal d'une partie des prêts que le FMI lui a octroyés dans le cadre du plan de sauvetage portugais achevé à l'été 2014 (EUROPE 11235). « Ce processus respecte les mêmes principes définis dans le cas irlandais », a indiqué un haut fonctionnaire européen, pour qui la décision attendue est « favorable », pourvu que les créanciers institutionnels du pays soient impliqués dans le processus de surveillance post-programme. Le Portugal, qui bénéficie de conditions d'emprunt plus favorables que celles le liant au FMI, souhaite rembourser 14 milliards d'euros de prêts sur un total de 26,9 milliards octroyés. L'économie sur le service de la dette réalisée par le pays atteindrait 130 millions d'euros.
Divers. La Commission européenne présentera aux ministres ses prévisions économiques d'hiver selon lesquelles chaque pays de l'UE enregistrera une croissance, quoiqu'inégale, en 2015 (EUROPE 111247). L'Eurogroupe prendra note de la façon dont l'institution européenne entend utiliser ces données dans son appréciation des politiques budgétaires et macro-économiques des États membres, particulièrement vis-à-vis des trois pays (France, Italie, Belgique) pour lesquels la Commission prendra des décisions début mars.
Sera également abordée la note analytique sur l'Union économique et monétaire (UEM) des '4 présidents' (Commission, Conseil européen, Eurogroupe, BCE) présentée au Conseil européen. Cette note dresse un état des lieux des quinze ans de l'UEM et interroge les États membres sur la façon de les inciter davantage à réformer leur économie (EUROPE 11252). (Elodie Lamer et Mathieu Bion)