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Bulletin Quotidien Europe N° 11231
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) russie

Mme Mogherini donne des pistes pour renouer le dialogue

Strasbourg, 15/01/2015 (Agence Europe) - La Haute Représentante, Federica Mogherini, propose que les États membres aient une coopération « sélective et graduelle » avec la Russie sur les questions internationales, les relations commerciales et sur certains domaines sectoriels.

Dans un document (qui a fuité dans la presse) à destination des États membres en vue du Conseil Affaires étrangères du 19 janvier, Mme Mogherini souhaite ainsi fournir « de la matière à réflexion » sur comment l'UE pourrait s'engager avec la Russie à « court et moyen termes ». Selon elle, le processus devrait être « sélectif, progressif et ajusté en fonction de la réaction de la Russie ».

Le document de quatre pages publié par le Financial Times précise qu'il y a des « intérêt significatifs de chaque côté qui peuvent être en conflit, mais qui peuvent servir de base de compromis et impliquer une approche donnant-donnant ». Pour Mme Mogherini, l'UE pourrait envisager de relancer le dialogue politique avec Moscou sur les grands dossiers internationaux tels que la Syrie, l'Irak, la Libye, l'Iran, le conflit israélo-palestinien, la Corée du Nord ou le virus Ebola. Le 8 janvier, elle avait relevé une « attitude russe différente », ouverte et constructive, sur des sujets internationaux.

La Haute Représentante suggère le lancement d'une étude interne qui analyserait les options et les limites pour différentes relations commerciales de l'UE avec la Russie et la région, dont une analyse des implications d'un possible établissement de relation avec l'Union économique eurasiatique (Russie, Arménie, Kazakhstan, Belarus). Elle met aussi en avant un dialogue, ou une coopération, s'agissant du régime des visas, de l'énergie, du changement climatique ou encore « une reprise partielle de la coopération sur le 'Partenariat pour la modernisation' ».

La Haute Représentante suggère aussi d'examiner davantage les initiatives qui ont pour but de renforcer la résistance de l'UE et de ses voisins « à des futures pressions, intimidations, manipulations russes ». Mme Mogherini prévient qu'il ne s'agit pas de faire du 'business as usual' et que les mesures seraient « étroitement liées à la pleine mise en oeuvre des accords de Minsk » et à la « bonne foi » de la Russie dans la mise en oeuvre des accords sur l'accord commercial UE-Ukraine et sur la fourniture de gaz russe à l'Ukraine. Chaque décision concernant les relations bilatérales avec la Russie aurait pour objectif d'augmenter le levier de l'UE pour promouvoir ses intérêts, « en commençant par la paix dans son voisinage », précise-t-elle également.

Dans le document, Mme Mogherini rappelle qu'une distinction devait être faite entre les sanctions imposées après l'annexion de la Crimée et celles en lien avec les violences dans l'est de l'Ukraine, mesures que l'UE devrait être « prête à assouplir dès que la Russie mettra en oeuvre les accords de Minsk ». Elle prévient aussi qu'en absence de progrès « significatifs et mesurables » de la part de la Russie, ces mesures devaient rester en vigueur pour « une période prolongée ».

Les relations avec la Russie seront discutées lors du Conseil Affaires étrangères du 19 janvier et lors du Conseil européen de mars. (CG)

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