Bruxelles, 15/01/2015 (Agence Europe) - Comme redouté, les groupes du Parlement européen n'ont pas été en mesure de s'entendre, jeudi 15 janvier, sur une résolution commune portant sur le programme de travail 2015 de la Commission et aucune résolution n'a obtenu de majorité suffisante.
Un « vote désordonné », a critiqué le groupe des Verts/ALE. Le PPE avait tenté de s'allier la veille au groupe CRE, mais le rapprochement a été abandonné et les autres groupes ont procédé par résolution individuelle. Mais si certains groupes avaient des préoccupations communes, ils se sont mutuellement sabotés lors de la mise aux voix. Le « PPE ne souhaitait aucun langage critique sur le programme de travail », indique une source du groupe des Verts/ALE comme élément n'ayant pas permis de résolution commune. Quant aux S&D, « ils ont eu du mal à s'affranchir du soutien apporté à la Commission Juncker ». Résultat des courses: le Parlement européen n'a pas d'opinion formelle sur le programme de la Commission Juncker pour l'année 2015.
Ce programme est pourtant loin d'être consensuel et de nombreux groupes, notamment au sein du S&D, des Verts ou de l'ADLE ont quelques difficultés avec les projets de retraits des paquets sur l'économie circulaire ou la qualité de l'air ou sur la directive 'congé maternité'. Et pour les Verts/ALE, ce vote, très brouillon, « a cependant exprimé la volonté d'une majorité de députés de maintenir les projets législatifs sur la qualité de l'air, l'économie circulaire et l'utilisation des ressources », a dit Michèle Rivasi. Les Verts, le S&D et l'ADLE ont demandé de procéder à des votes nominaux sur le paragraphe de leur résolution, Verts et S&D demandant notamment le maintien de ces législations et « ces amendements ont à chaque fois obtenu une claire majorité, même courte, mais claire ». D'autres amendements adoptés portaient aussi sur les standards environnementaux ou sociaux ou sur les questions du TTIP, mais les groupes ont, au final, rejeté une par une chaque résolution. « Si, au prétexte de "mieux légiférer", la Commission européenne cherche à reléguer au second plan des questions d'intérêt général comme la santé et l'environnement, elle devra néanmoins prendre en considération l'avis contraire de notre Parlement. Il est évidemment regrettable que notre Assemblée n'ait pas été en mesure d'adopter une réponse commune au programme de travail de la Commission, adit l'élue française. D'autant plus que la Commission européenne reste libre de prendre en compte ou non le message envoyé par le PE.
Le PPE et l'ADLE redoutaient hier soir un scénario « ridicule » si aucun texte ne parvenait à passer. (SP)